Chacun de nous se rappelle les histoires de sa grand-mère. Des histoires héritées d’une génération à l’autre. Chaque génération y a évidemment ajouté sa propre sauce et a permis aux autres d’en goûter une nouvelle saveur. Les histoires de grand-mère cherchent à rappeler aux adultes ces doux moments passés à l’ombre des persiennes à écouter les histoires de nos aïeuls à l’âge de l’innocence.
Dans la forêt
Il était une fois un ours qui cherchait à se trouver une place dans la forêt. Il n’arrivait pas facilement à le faire. La vie n’est pas toujours juste : notre ours n’a pas trouvé de postes équivalents. Alors, il a fini par accepter un poste de lapin. C’est un choix dégradant, car notre ami a dû accepter un poste avec très peu d’avantages. Ainsi, se retrouve-t-il avec un salaire qui le suffit à peine et beaucoup de carottes. Il devait les revendre pour se payer de la nourriture. Un jour, alors qu’il assumait ses fonctions médiocres, il rencontre un vrai lapin. Ce lapin tout blanc et tout beau qui se promenait avec joie et fierté. L’ours s’approcha de de grand-mère lui et lui dit : « Bonjour ». Le lapin a répondu avec arrogance : « Bonjour ». L’ours s’est empressé de lui poser la question : « Que fais-tu ici ? »
Le lapin l’a alors regardé bizarrement et lui a dit : « Je travaille comme ours ». Choqué, l’ours n’a pas cru ses oreilles. Emporté par la colère, il a décidé de se plaindre. Il a déposé une plainte devant une commission de tigres. Ils étaient responsables de discuter l’affaire. Pour le pauvre animal, il n’était pas ordinaire qu’un lapin obtienne autant d’avantages dont il n’a même pas besoin. Lors de la discussion, l’ours a exposé sa plainte à la commission. Mais, la commission a examiné son dossier ainsi que celui du lapin. Tous les documents étaient sans fautes. Du coup, la commission a décidé que la situation demeure inchangée. Les papiers de l’ours prouvent qu’il est un lapin et ceux du lapin démontrent bien qu’il est un ours. Alors, il n’y avait rien à dire, ni à changer. L’ours est reparti sans rien dire, ni exprimer la moindre colère. Le lion lui dit : « Mais, pourquoi as-tu décidé d’accepter la décision de la commission si tu la trouves injuste ? » L’ours a répondu : leur décision n’était pas du tout injuste. Au contraire, elle était tout à fait logique. Une commission d’ânes qui se prend pour des tigres a pris une décision irréfutable. Je ne peux qu’accepter. C’est alors que l’ours a continué à occuper les fonctions du poste de lapin. Fin sans





