La France peut-elle se passer à terme du gaz russe ? À cette question, le président d’Engie répond «à terme oui. La question, c’est à quel terme ? Car le gaz est une énergie qui suppose des infrastructures pour être livrée là où on veut la consommer. Ces infrastructures prennent du temps». Invité à préciser cet horizon, Jean-Pierre Clamadieu répond : «Je parle d’années. En 3 ou 4 ans, on est probablement capable de réduire de manière très importante notre dépendance (au gaz russe), affirme le président d’Engie sur France Inter. Si nous devions faire face à une interruption brutale, c’est un scénario qui est beaucoup plus difficile qui nécessitera des ajustements qui seront probablement, eux aussi, brutaux». Le gaz représentait en 2020 environ 16 % de la consommation énergétique en France, mais 27% en Allemagne et 41 % en Italie. L’auteur de «L’Europe, avenir de l’industrie française» (éditions ChercheMidi) reconnaît que «la transition énergétique conduit inéluctablement à une augmentation des prix de l’énergie par rapport à ce qu’ils étaient il y a quelques années». «Nous sommes face à une crise spécifique qui impacte les équilibres offre-demande et amène une forme prime de risque. Du coup, les prix augmentent. Cette prime de risque peut disparaître si la situation géopolitique se stabilise», analyse Jean-Pierre Clamadieu. Mais le président d’Engie prévient que «les prix de l’énergie seront élevés dans les prochaines années parce qu’il faut financer la transition énergétique.





