“Je dis à nos amis Américains et Norvégiens, avec l’esprit d’amitié, vous nous donnez le gaz mais ce n’est pas possible que vous le vendiez quatre fois plus cher que le prix fixé pour vos usines. Pour l’amitié, ne faites pas cela (…) Est-ce cela le sens de l’amitié ?!” Ces paroles ont été prononcées par le président français, Emanuel Macron, dans une conférence de presse tenue en marge des réunions du groupe politique européen. Macron a ajouté : « L’hiver prochain sera difficile pour les Européens en ce qui concerne l’approvisionnement en gaz. L’UE fixera des mécanismes pour la solidarité financière. Il faut se passer rapidement des carburants fossiles et produire de plus en plus d’énergie renouvelable et nucléaire. L’Europe intensifiera ses pourparlers avec les fournisseurs notamment dans les pays asiatiques pour l’achat du gaz. Une opération coordonnée sera lancée pour garantir la sécurité des pipelines sous marins ». Nous connaissons tous que l’Europe a payé la plus grande facture de la guerre russo-ukrainienne en cours depuis le 24 février dernier, indique Emad Eddine Hussein dans un article publié par Al Shorouk.
La plupart des pays européens dépendent de l’extérieur dans leurs besoins en pétrole. Ils dépendent notamment de la Russie qui alimente l’Allemagne à 46% de ses besoins en gaz. Pour le reste des pays de l’Europe, ce taux varie entre 10% et 60%. Nous connaissons aussi que les USA et l’Occident ont imposé de lourdes sanctions contre la Russie depuis qu’elle a envahi l’Ukraine, quelques jours avant l’arrêt de l’acheminement du gaz russe vers l’Allemagne et certains pays européens via Nord Stream (…)
L’Europe cherche à tout prix à se procurer le gaz et le pétrole d’autre source que la Russie, auprès d’autres parties notamment le Golfe ou la Méditerranée orientale ou les USA.
Mais les propos du président français laissent entrevoir que Washington essaie de tirer profit de la crise et réaliser d’énormes gains pour ses firmes au dépens de « l’amitié » avec l’Europe, indique Emad Eddine Hussein. Les paroles de Macron soulignent la division européenne liée au carburant russe. L’Europe, comme le dit Macron, est d’accord sur le rejet de l’invasion russe de l’Ukraine mais est divisée en pays producteurs et d’autres consommateurs de gaz et de pétrole.
Ainsi les pays consommateurs ne veulent pas imposer un embargo complet sur la Russie afin de garantir l’acheminement du gaz vers eux. Pourtant, les pays producteurs comme la Grande Bretagne et la Norvège veulent un boycott du gaz et du pétrole russes.
Nous savons que les USA est en tête de la partie qui appelle au boycott, et ce même avant la guerre en Ukraine. Les USA ont déjà demandé à l’Allemagne, à plusieurs reprises, de ne pas dépendre du gaz russe et de ne pas donner de feu vert à Nord Stream 2, pour que l’économie russe ne soit pas dépendant de l’énergie russe. (…)
Je me suis attaché à commencer l’article par les paroles de Macron car elles reflètent les idées de nombreux européens qui pensent que les USA ont cherché à pousser Poutine vers la guerre en Ukraine pour affaiblir la Russie. Mais les parties qui paient la facture du conflit américano-russe et ensuite du conflit sino-US sont l’Europe et les pays en développement notamment l’Egypte car on importe la plupart de nos denrées de base.





