L’économie actuelle demande une transformation une telle ampleur que la coordination apparaît indispensable – au risque de manquer les objectifs qui ont été fixés, analyse La Tribune le 24 septembre 2021. L’Union européenne s’est fixé des objectifs ambitieux pour le climat. Elle ne peut espérer les atteindre sans une politique industrielle d’une même ambition. Drôle de thèse ! N’est-ce pas l’industrie qui pollue et s’active pour défendre ses intérêts dans les couloirs de la Commission européenne ? Et puis, les politiques industrielles se décident à Paris, Rome ou Berlin. Est-ce l’affaire de Bruxelles ? Ne fleurent-elles pas bon aussi la planification bureaucratique et le protectionnisme économique ? Les tentatives de la Commission de créer des Airbus de tous poils – des batteries pour véhicules électriques à l’avion zéro carbone en passant par l’hydrogène propre – ne sont-elles pas dès lors inévitablement vouées aujourd’hui à l’échec ? Eh bien non !
Il est difficile de saisir l’ampleur des transformations industrielles qu’exige le passage à une économie européenne complètement décarbonée pour le milieu du siècle. Déjà, l’étape intermédiaire en 2030, qui prévoit une réduction de 55 % des émissions de carbone (par rapport au niveau de 1990), suppose des mouvements tectoniques. Imaginez un parc de véhicules pour moitié fabriqués sans moteur thermique contre environ 1 % aujourd’hui. Imaginez encore des usines d’aluminium, d’acier ou d’ammoniac passées à l’électricité ou à l’hydrogène verts. Vous n’y arrivez pas ? Disons alors qu’il faudrait 5 réacteurs nucléaires ou 10 000 éoliennes pour remplacer seulement le dihydrogène produit à partir de produits pétroliers ou de charbon et utilisé aujourd’hui en France par l’industrie.





