Par Alaa Thabet
(Journal Al-Ahram)
J’ai été surpris, il y a quelques jours, lorsque je suivais la visite du président Abdel Fattah Al-Sissi en Hongrie, pour prendre part au Sommet de Visegrad, et lorsqu’il prononçait son allocution, le Chef de l’Etat a laissé de côté les papiers et le texte écrit, pour s’exprimer franchement, évoquant les questions des droits de l’Homme. Le président a passé en revue, un concept plus large et plus profond de ce dossier, traité par certains pays, dans un contexte trop restreint. Je pense que les leaders européens n’ont pas entendu le président parler ainsi et avec cette remarquable franchise et avec un pareil courage. Le président Al-Sissi a souligné que l’immigration légale reflète un des droits de l’Homme, perdu dans notre région. Mais je parle là d’un point de vue différent, a dit le président. Je ne traite pas ce sujet des droits de l’Homme, du point de vue liberté d’expression et liberté de pratique politique. Il existe aussi beaucoup d’autres droits encore inexistants dans notre région. Ces paroles ne figurant pas dans le texte que le président lisait, mais le Raïs a voulu faire la lumière sur plusieurs dimensions concernant ce sujet, et à entête les problèmes dont souffrent les pays pauvres, où manquent l’eau potable et le minimum des services de santé et d’éducation, et où un logement digne n’est pas disponible. Et ce sont là, des droits importants car ils représentent les droits de l’individu à vivre, a martelé le président Al-Sissi, qui a souligné que l’on résume souvent les droits de l’Homme, dans la liberté d’expression et sa liberté à manifester. Sans pour autant croire que le président amoindrit ces droits, il a voulu surtout, alors qu’il était au coeur de l’Europe, donner un coup de projecteur sur d’autres droits aussi importants que les autres, peutêtre même plus importants. Des droits impérieux qu’on ne peut pas négliger et sans lesquels, la vie de l’Homme n’aura aucun sens ni aucune valeur. Le président poursuit alors en posant la question : Est-ce que les pays européens sont prêts à contribuer à aider ces pays pauvres pour améliorer leurs conditions politiques, économiques, sociaux et culturels, afin de pouvoir parvenir à une approche différente pour une compréhension plus globale des droits de l’Homme, sujet de controverse entre nous ? C’est à ce point que le président Al-Sissi met l’accent sur la responsabilité collective de tous les pays du monde, riches et pauvres, en traitant les racines du problème. (…) “Je ne refuse pas de traiter cette question, mais d’après quelle approche ? De l’approche relative au fait d’assurer une vie décente à plus de 100 millions d’Egyptiens ?”, a poursuivi le Président. Et avec une perspicacité sans faille et une sagesse remarquable, Al-Sissi fait allusion à l’objectif de la visite, en l’investissant pour réaliser l’intérêt de l’Egypte. Il pose encore une fois une question : “Etes-vous prêts, en tant qu’amis européens et pays intéressés par les droits de l’Homme, à nous assurer cela ? Etes-vous prêts à créer ce jumelage ente vos universités avancées et prestigieuses et nos universités égyptiennes pour assurer une éducation de qualité qui répond aux exigences de l’époque ? Etes-vous prêts à transférer une part de votre industrie, vers notre pays, afin d’assurer des emplois à plus de 65% de nos jeunes ?” (…)





