Un programme nucléaire “troublant”: les diplomates occidentaux ont dressé jeudi à Vienne un réquisitoire sévère contre l’Iran et fait adopter une nouvelle résolution critique, dénoncée par Téhéran comme “politiquement motivée”, selon l’AFP.
Le texte, élaboré par Londres, Paris et Berlin associés à Washington, a été approuvé par 19 des 35 Etats membres du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ont indiqué à l’AFP des sources diplomatiques.
La Russie, la Chine et le Burkina Faso ont voté contre, tandis que 12 pays se sont abstenus. Le Venezuela n’a pas pu participer.
Les Etats-Unis et leurs alliés européens s’étaient auparavant succédé à la tribune pour dénoncer l’escalade de la République islamique.
Ses activités nucléaires sont “profondément troublantes”, a lancé l’ambassadrice américaine Laura Holgate.
L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont enfoncé le clou, rappelant que l’Iran avait amassé suffisamment d’uranium hautement enrichi pour “quatre armes nucléaires”. “Son comportement pose une menace pour la sécurité internationale” et “le système mondial de non-prolifération”, selon leur déclaration conjointe.
Après le vote, l’Iran a fustigé auprès de l’AFP, par la voix de son représentant Mohsen Naziri Asl, un geste “politiquement motivé qui a d’ailleurs reçu un faible soutien comparé aux précédentes résolutions”. Trente pays avaient donné leur aval en juin 2022, 26 en novembre de la même année et 20 en juin dernier.
“Divergences”
Ce document – à portée symbolique à ce stade – rappelle l’Iran à ses “obligations légales”, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) ratifié en 1970.
“Il est essentiel et urgent” que le pays fournisse des “réponses techniques crédibles” concernant la présence de traces d’uranium inexpliquées sur deux sites non déclarés, écrivent les auteurs, réclamant à l’AIEA “un rapport complet” d’ici au printemps 2025.
Outre ce litige de longue date, l’Iran a fortement restreint depuis 2021 sa coopération avec l’Agence, débranchant des caméras de surveillance et retirant l’accréditation d’inspecteurs expérimentés.
Parallèlement son programme nucléaire ne cesse de monter en puissance, même si Téhéran nie vouloir se doter de la bombe.





