
Ah février ! Le mois de la Saint-Valentin et donc de l’amour. Et qui dit Saint-Valentin, dit couples amoureux. A cette occasion, Le Progrès Egyptien vous présente deux livres qui racontent deux fameux histoires d’amour.
Ces romans ont ému, fait rêver, pleurer, ont transporté des générations de lecteurs, et sont devenus des incontournables de la littérature amoureuse. Des livres romantiques qui ont marqué la littérature à travers les âges. Suivez…
Les Amours d’Antar et Abla

Personnage historique du VIe siècle, fils d’un noble et d’une esclave noire du Hedjaz, Antar fut toute sa vie méprisé en raison de son origine illégitime et de la couleur de sa peau même s’il personnifie le modèle du chevalier vaillant, viril, généreux, hospitalier et amoureux. Il doit sa renommée à ses poèmes parmi les plus célèbres de la littérature arabe antéislamique mais surtout à son amour pour sa cousine Abla, dont il finit par obtenir la main malgré les préjugés de castes et de races, en prouvant toutes ses qualités de héros.
La geste d’Antar, toujours racontée de nos jours dans les cafés du monde arabe, a inspiré de nombreux artistes, cinéastes, musiciens ainsi que les Orientalistes européens dont Lamartine qui ont trouvé dans Antar la figure du chevalier idéal gagnant sa dame à force d’épreuves que la légende a multipliées. Ces extraits choisis reprennent les tribulations de ce héros et de ses amours et de celles de ses pères.
La traduction d’Isabelle Bernard et Wael Rabadi d’une sélection des épisodes les plus marquants de la vie amoureuse d’Antar est illustrée par Ilyes Messaoudi qui a renoué avec l’ancienne technique de la peinture sur verre. Le livret Antar d’Alphonse de Lamartine complète ce texte arabe fondamental, surprenant de liberté, de poésie et d’audace.
Le Fou de Laylâ
Sous ce nom (le Fou, ou le Fou de Laylâ : Majnûn Laylâ) se cache un jeune homme, Qays ibn al-Mulawwah, qui n’a peut-être jamais existé. D’entrée de jeu, il s’agit d’un inextricable duo entre histoire et légende.
La première nous dit qu’au désert d’Arabie, dans la seconde moitié du VIIe siècle, circulent des poèmes chantant un amour parfait et impossible. Leurs auteurs, sous divers noms, se veulent, d’une tribu à l’autre, les meilleurs dans le genre, et pour avoir vécu cet amour, et pour le dire.
La légende, elle, nous parle d’un jeune homme, Qays, de la tribu des Banû ‘Amir, qui tombe amoureux de sa cousine Laylâ. Tout devrait concourir à leur bonheur : ils n’ont aucune crainte quant à l’accord de leurs familles, portées, comme les autres, à ce type de mariage entre cousins. Mais voilà… Qays est poète, et il décide de chanter son amour à tous vents.
Ce faisant, il enfreint une règle majeure du code bédouin. Dès lors, tout s’enchaîne : le refus de la famille, le mariage forcé de Laylâ, son départ de la tribu, Qays sombrant dans la folie et allant vivre avec les bêtes du désert, sa mort enfin, d’épuisement et de douleur. Quel qu’en soit l’arrièreplan social, la légende crée un mythe : celui de l’amour parfait et impossible.
De tous les poètes qui l’ont chanté dans l’Arabie de ce temps, Majnûn est sans doute le plus grand. Homme de chair et de sang, ou personnage inventé, il fixe au poème un unique sujet : l’amour dans toutes les variations possibles.







