Si proche et pourtant si lointaine. Vladimir Poutine a une obsession : faire revenir Kiev dans le giron de Moscou au nom de la grandeur russe et faire reculer l’Otan, quitte à envahir l’Ukraine,analyse Le GEO, le 24 février 2022.
Pour nombre de Russes de sa génération, celle qui a grandi bercée par les odes glorifiant l’URSS, la disparition de l’Union soviétique et de sa sphère d’influence en trois ans (1989-1991) reste une blessure. Vladimir Poutine, alors officier du KGB en poste en Allemagne de l’Est, a vécu la défaite aux premières loges. Et, a-t-il affirmé, a été contraint, comme nombre de compatriotes, d’arrondir les fins de mois en faisant le taxi clandestin à son retour en Russie. Humiliation et indigence d’une partie de la population russe qui reste à l’écart de l’élan libératoire de la jeunesse et de l’intelligentsia contrastent alors avec le triomphalisme et la prospérité de l’Occident. De quoi le convaincre, selon sa propre formule, que la fin de l’URSS est “la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle”, pays qui a pourtant connu deux guerres mondiales. De quoi nourrir aussi un désir de revanche, l’Otan et l’UE s’élargissant progressivement aux anciens vassaux de Moscou.Pour le président russe, sa mission historique est donc d’arrêter cette invasion de sa zone d’influence. Au nom de la sécurité de la Russie, l’Ukraine devient une ligne rouge.
Dans sa vision des choses, si la Russie “ne résout pas cette question de la sécurité, l’Ukraine sera dans l’Otan dans 10-15 ans”, puis “les fusées de l’Otan seront à Moscou”, explique Alexeï Makarkine, du Centre des technologiques politiques.





