Devant un large public ayant rempli l’auditorium du Musée du Louvre dans la capitale française, Paris, la docteure Gihane Zaki a donné une conférence scientifique et culturelle de haut niveau, qui a suscité un grand intérêt international et académique, sous le titre : « L’île de Biggeh… renaissance d’un trésor oublié : secrets d’une fouille archéologique sur le Nil ».
La visite de la ministre de la Culture en France s’inscrit dans le cadre du soutien aux relations culturelles franco-égyptiennes et reflète le niveau du partenariat stratégique entre les deux pays, marqué par une coopération croissante dans les domaines de la culture, des arts, des antiquités et des échanges créatifs et intellectuels.
S’appuyant sur son parcours académique international en tant que professeure de civilisation égyptienne ancienne et chercheuse au Centre de recherches scientifiques de l’Université Sorbonne Université, la ministre a évoqué l’importance historique, archéologique et géographique unique de la région de la première cataracte à Assouan, qu’elle a qualifiée de « l’une des plus belles régions d’Égypte, méritant une étude approfondie et globale ».

Elle a mis en lumière les sites archéologiques antiques de la région ainsi que leur histoire millénaire, en s’appuyant sur les écrits de grands géographes et historiens arabes et musulmans, tels qu’Al-Idrissi dans son ouvrage « Nuzhat al-Muchtâq fi ikhtirâq al-âfâq », Al-Masudi dans « Les Prairies d’or », et Yaqout al-Hamawi dans « Muʿjam al-Buldan ».
La ministre a également expliqué comment ces références avaient documenté la ville historique de Balaq ainsi que la région entourant les îles de Philae et de Biggeh, décrites comme une impressionnante cataracte rocheuse et un important carrefour commercial et culturel, où s’arrêtaient les navires de Nubie et d’où partaient ceux des musulmans.
Au cours de sa conférence, la ministre a présenté une exposition visuelle et documentaire comprenant d’anciennes cartes topographiques françaises, des textes et manuscrits en ancienne écriture arabe documentant la géographie des cataractes du Nil. Elle a également utilisé une œuvre du célèbre artiste David Roberts afin de montrer au public comment l’île de Philae avait historiquement monopolisé l’attention au détriment de sa voisine Biggeh, tombée dans l’oubli pendant de longues années malgré sa valeur archéologique.
La docteure Gihane Zaki a souligné que Bigeh était une île « sacrée » dans l’Antiquité, ajoutant que le destin semblait avoir voulu qu’elle demeure isolée et oubliée. Elle a affirmé que le moment était venu de lui rendre son éclat scientifique grâce aux travaux de fouilles et de recherche actuellement en cours.
La ministre de la Culture a également affirmé que la civilisation égyptienne antique constitue l’une des plus grandes civilisations humaines et l’une des plus influentes de l’histoire, grâce à l’héritage archéologique et culturel unique qu’elle possède, reflet du génie du peuple égyptien et de sa capacité à façonner une identité civilisationnelle dont l’influence s’est étendue au monde entier.
Elle a insisté sur l’importance de la coopération internationale dans le domaine de la protection et de la préservation du patrimoine humain, notamment entre les grandes institutions scientifiques et culturelles, au premier rang desquelles figurent les musées internationaux comme le Musée du Louvre. Selon elle, cette coopération favorise l’échange d’expertises et soutient les efforts visant à préserver le patrimoine commun de l’humanité pour les générations futures.
La conférence s’est conclue par un appel à poursuivre le partenariat entre les parties égyptienne et française dans les domaines de la culture et des arts, afin de renforcer la présence de la culture égyptienne sur la scène internationale et de soutenir son message humaniste en tant que partie intégrante du patrimoine mondial.





