
Les Occidentaux accentuent la pression sur Moscou, l’arme Swift dégainée
La bataille pour le contrôle de Kiev se poursuivait hier dimanche, alors que les Occidentaux accentuaient encore la pression sur Moscou, en excluant des banques russes de la plateforme interban- caire Swift et en s’apprêtant à livrer davantage d’armes à l’Ukraine. Au quatrième jour de l’offensive lancée par Vladimir Poutine, les sirènes d’alarme anti-aérienne ont de nouveau retenti à Kiev dans la nuit de samedi à dimanche, a indi- qué le Service officiel des communications spéciales, appelant les habitants à se réfu- gier dans les abris de la capitale. Des tirs russes y ont aussi touché la clô- ture d’un centre de stockage de déchets ra- dioactifs, ont indiqué les secours ukraini- ens, cités par l’agence Interfax-Ukraine. Les forces russes “poursuivent leur of- fensive pour verrouiller Kiev” après avoir “terminé leur regroupement” sur le front nord, a de son côté affirmé l’armée ukrainienne samedi soir. A une trentaine de kilomètres au sud- ouest de Kiev, des combats se poursuivent pour le contrôle de la base aérienne de Vassylkiv, empêchant les pompiers d’intervenir pour éteindre l’important in- cendie d’un dépôt de pétrole frappé dans la nuit par un missile russe près de cette ville, a indiqué hier dimanche à l’aube le chef de l’administration de la région de Kiev, Oleksy Kouleba.
9.500 soldats français mobilisés

Des “décisions importantes” prises “au vu de l’évolution de la situation en Ukraine”. La France a décidé de livrer davan- tage d’équipements militaires de défense à l’Ukraine dans sa lutte contre l’invasion de l’armée russe, a annoncé samedi l’Elysée. Plus de 9.500 soldats français seront directement mobilisés ou d’alerte dans le cadre de l’invasion russe de l’Ukraine en fin de semaine prochaine, a appris samedi l’AFP auprès de l’état-major français. “On aura plus de 1.500 militaires français directement impliqués dans les missions de renforcement de la posture de l’Otan sur le flanc Est”, a indiqué à l’AFP l’état-major. Quelque 500 soldats seront déployés en Roumanie, en plus des 300 déjà actifs en Estonie, où une centaine d’autres accompagneront l’arrivée prochaine de 4 avions de chasse Mirage 2000-5 destinés à “renforcer la défense aérienne des pays baltes”, a détaillé cette source militaire. Quelque 600 soldats sont également mobilisés en France pour des vols au- dessus de la Pologne, a-t-elle ajouté. “Depuis le 24 février, la France participe à la défense du ciel polonais avec deux missions par jour”, a-t-on précisé à l’état-major. Environ 8.000 militaires français sont en outre “d’alerte dans le cadre de la force de réaction rapide de l’Otan” dont la France assume le commandement en 2022, de même source. Après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, l’Otan a déployé des groupements tactiques multinationaux dans les trois Pays baltes et la Pologne, pour une mission permanente de “présence renforcée avancée” (Enhanced Forward Presence, EFP), assumée par plusieurs pays membres. Alors que la France sera le “pays leader” du déploie- ment en Roumanie, le chef d’état- major des armées françaises, le général Thierry Burkhard insistait vendredi soir sur “le message d’une solidarité stratégique de l’ensemble des membres de l’Otan”, mais aussi sur “un vrai signal de fermeté et sans ambiguïté vis-à-vis de la Russie”. La France a décidé de livrer davantage d’équipements militaires de défense à l’Ukraine dans sa lutte contre l’invasion de l’armée russe, a également annoncé samedi l’Elysée. Au cours d’un conseil de défense réuni à l’Elysée autour d’Emmanuel Macron, “il a été décidé la livraison additionnelle d’équipements de défense aux autorités ukrainiennes ainsi qu’un soutien en carburant”, a indiqué la présidence, sans donner de détails. La France va aussi renforcer les sanctions économiques et financières contre la Russie, visant notamment l’accès à la plateforme interbancaire Swift, a annoncé samedi soir l’Elysée. Le président Emmanuel Macron “a acté un renforcement des sanctions économiques et financières en coordination avec les Européens et les Américains”, ainsi que “des mesures nationales de gel des avoirs financiers de personnalités russes”, et enfin de “nouvelles mesures”, devant être prises “avec les partenaires européens concernant la facilité Swift”, a rapporté l’Elysée.
Zelensky prêt à des négociations
L’opération militaire de la Russie en Ukraine, entamée jeudi dernier, se poursuit. De violents combats ont lieu à Kiev, où un couvre-feu a été mis en place jusqu’à ce lundi. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui multiplie les vidéos, a appelé son peuple à tenir et n’a pas quitté la capitale. La Pologne a déjà accueilli plus de 100 000 réfugiés. Les pays occidentaux, outre des sanctions économiques, apportent maintenant un soutien militaire à Kiev. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué que la nuit avait été « dure » en Ukraine, avec des bombardements russes ayant visé selon lui des zones habitées. « La nuit passée fut dure, de nouveau des tirs, de nouveau des bombardements de quartiers habités, d’infrastructures civiles. Il n’y a aujourd’hui rien que l’occupant ne considère pas comme une cible légitime », a-t-il dit dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Le président ukrainien a rejeté hier dimanche la proposition russe de pourparlers à Gomel au Bélarus, car ce pays sert de base arrière à l’invasion de l’Ukraine, affirmant que « n’importe quelle autre ville » conviendrait. « Varsovie, Bratislava, Budapest, Istanbul, Bakou. Nous les avons toutes proposées. Et n’importe quelle autre ville nous conviendrait », a-t-il dit dans une vidéo en ligne.
France : Le centre de cyberdéfense en “vigilance renforcée”
Les préfets français sont appelés à la “vigilance” face à un risque de cyberattaque “élevé”, et ne doivent

pas s’éloigner de leur lieu d’affectation, dans le contexte de l’invasion russe en Ukraine, selon une note consultée samedi par l’AFP. Dans cette note datée de jeudi et rédigée par le Secrétaire général du ministère de l’Intérieur, il est demandé aux préfets de faire le nécessaire pour “être en capacité de revenir dans (leur) département d’affectation dans le délai maximal d’une demi-journée”. Il leur est en outre demandé de s’assurer “de la disponibilité de l’ensemble des services mobilisés et mobilisables”, en veil- lant toutefois à ne pas “susciter de réactions disproportionnées”. “Le risque de cyberat- taque est élevé”, est- il en outre écrit dans la note. A ce stade “aucun effet spécifique lié aux évènements en cours n’a été observé sur nos réseaux et nos systèmes d’information”, poursuit le Secrétaire général, mais “une grande vigilance s’impose néanmoins de la part de tous”. Il demande aux préfets de rappeler aux agents de veiller au respect des “règles d’hygiène informatique essentielles” et indique que le centre de cyberdéfense du ministère de l’Intérieur passe en “vigilance renforcée”.
A la frontière polonaise, la diaspora afflue pour sauver ses proches
Varsovie a annoncé avoir laissé passer 115 000 per- sonnes sur l’ensemble des points frontaliers depuis le début du conflit, jeudi 24 février. Ils seraient des dizaines de milliers à atten- dre des heures côté ukrainien. On pourrait rebaptiser cet endroit de l’extrême est de la Pologne « Parking Europa ». A Medyka, ville-frontière avec l’Ukraine, des centaines de voitures patientent, samedi 26 février, parechocs contre parechocs, dans ce paysage gris et laid typique des no man’s land frontaliers. Plaques d’immatriculation allemandes, estoniennes, danoises, tchèques, nor- végiennes et, bien sûr, po- lonaises : les Ukrainiens de la diaspora affluent de toute l’Europe pour attendre une amie, une amoureuse ou même des enfants fuyant la guerre.
Des combats durs entre Ukrainiens et Russes

Des combats de rue entre forces ukrainiennes et armée russe étaient en cours à Kharkiv (nord-est), deuxième ville d’Ukraine où les autorités ont rapporté une « percée » des troupes de Moscou. Les combats avaient lieu avec des blindés légers abandonnés ou en feu visibles dans les rues, tandis que les coups de feu et les explosions sporadiques résonnaient dans la ville, en grande partie déserte, les habitants se terrant chez eux.





