Emmanuel Macron veut reprendre un contact direct avec les Français après trois mois de crise des retraites, et s’est rendu hier mercredi en Alsace pour célébrer les efforts de réindustrialisation de son gouvernement. Mais une fois de plus, il devrait être accueilli par des manifestants hostiles. Au surlendemain de son allocution télévisée destinée à enclencher une nouvelle phase de son quinquennat, le président s’est déplacé dans le Bas-Rhin, pour la visite d’une usine dans la petite ville de Muttersholtz. Puis il se rendra ce jeudi dans l’Hérault pour parler d’éducation. L’intersyndicale a d’ores et déjà appelé dans un communiqué à un rassemblement à midi dans la localité alsacienne et demandé aux manifestants de se munir de casseroles ou de couvercles pour “mieux se faire entendre” et montrer que “la page retraites est loin d’être tournée”. Pendant son allocution télévisée, des rassemblements et des concerts de casseroles avaient aussi été organisés dans tout le pays, signe d’une contestation qui perdure malgré la validation de la réforme par le Conseil constitutionnel en fin de semaine dernière et sa promulgation. Encore mardi soir, un déplacement privé du chef de l’Etat à Saint-Denis, près de Paris, a attiré quelque 300 manifestants. Plusieurs membres de l’exécutif ou de l’entourage présidentiel incitent cependant Emmanuel Macron à renouer avec les Français sur le terrain. “C’est important” qu’il fasse des déplacements dans les territoires comme mercredi, a dit l’un de ses proches, le ministre des Transports Clément Beaune, se réjouissant qu’il “puisse être sur le terrain”, “au contact”, pour “entendre un certain nombre de ces revendications aussi”. Depuis la présentation de sa réforme des retraites en janvier, le président est resté en retrait à l’Elysée. Il s’est très peu déplacé en régions, à l’exception de deux visites en Charente et près du lac de Serre-Ponçon, dans les Alpes. En cette dernière occasion, il avait été chahuté par des manifestants.





