Le Premier ministre, Dr Moustafa Madbouli, a prononcé, aujourd’hui dimanche, un discours lors de sa participation, au nom du président Abdel Fattah Al-Sissi, au Sommet extraordinaire de l’Union Africaine consacré au renforcement des mécanismes de prévention et de règlement des conflits en Afrique, organisé dans la capitale angolaise Luanda.
La réunion s’est tenue en présence du président angolais, João Lourenço, du président burundais Evariste Ndayishimiye, président en exercice de l’UA, de Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, ainsi que de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement africains et de responsables de la Commission de l’Union africaine.
Au début de son intervention, le Dr Madbouli a transmis aux participants les salutations du président Abdel Fattah Al-Sissi, qui souhaite le succès du Sommet et espère qu’il débouchera sur des décisions à la hauteur des aspirations des peuples africains en matière de paix, de sécurité et de développement.
Le Premier ministre a remercié le président angolais João Lourenço pour avoir accueilli ce sommet extraordinaire, organisé à un moment particulièrement délicat pour le continent, confronté à de nombreux conflits et défis complexes menaçant sa sécurité et sa stabilité. Il a également salué les efforts du président burundais, Évariste Ndayishimiye, à la tête de l’Union Africaine, réaffirmant le soutien de l’Égypte à la présidence burundaise.
M. Madbouli a souligné que l’Afrique faisait face à des défis sans précédent, ainsi qu’à des conflits persistants nécessitant une action rapide et une approche globale et renouvelée s’attaquant aux causes profondes de ces crises. Il a notamment cité la pauvreté, les conséquences du changement climatique, la pénurie d’eau, la multiplication des opérations terroristes, la prolifération des armes et la criminalité organisée transfrontalière.
Selon lui, ces facteurs rendent indispensable une action collective visant à élaborer des solutions efficaces et à développer les mécanismes existants au sein de l’Union africaine et des communautés économiques régionales.
Evoquant le rôle confié au président Abdel Fattah Al-Sissi dans le dossier de la reconstruction et du développement post-conflit au sein de l’Union Africaine, le Dr Madbouli a souligné l’importance cruciale de cette question pour établir la paix et la sécurité sur le continent. Il a estimé que la reconstruction et le développement des pays touchés par les conflits constituent l’un des piliers essentiels de la consolidation de la paix et complètent les efforts de prévention et de règlement des conflits.
Le Premier ministre a rappelé que l’Afrique célébrait cette année le 20e anniversaire du lancement de la politique de l’UA en matière de reconstruction et de développement post-conflit. Cette commémoration, a-t-il estimé, ne doit pas rester symbolique, mais constituer une occasion de faire le bilan des objectifs réalisés et de renouveler l’engagement à transformer cette politique en programmes concrets adaptés aux spécificités et aux besoins de chaque pays.
Dans la phase post-conflit, la priorité doit notamment être accordée à la reconstruction des infrastructures essentielles, telles que les routes, l’électricité, l’accès à l’eau potable, l’assainissement, les écoles et les hôpitaux. Ces efforts doivent aller de pair avec le renforcement des institutions nationales afin de les rendre plus solides et efficaces, a-t-il ajouté, appelant également à créer de véritables opportunités d’emploi, à renforcer les compétences des citoyens et à favoriser la réintégration des populations affectées, notamment les femmes et les jeunes. L’objectif, selon le Dr Madbouli, est de faire en sorte que chaque citoyen ait un intérêt direct dans la reconstruction et le rejet de la violence.
Dans ce contexte, le Dr Madbouli a appelé la Commission de l’UA à poursuivre ses efforts pour soutenir le Centre de l’Union Africaine pour la reconstruction et le développement post-conflit, basé au Caire, et à renforcer son rôle. Il a également salué la création du sous-comité d’experts du Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine consacré à la reconstruction et au développement post-conflit. Ce comité a tenu sa première réunion en février 2026, sous la présidence égyptienne du Conseil. Le Premier ministre a appelé le Conseil à poursuivre ses efforts afin de renforcer le rôle de ce comité.
Le Dr Madbouli a par ailleurs indiqué que l’Egypte saluait les efforts engagés dans le cadre de la réforme du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. Le Caire estime que ce processus doit permettre de corriger ce qu’il considère comme un déséquilibre historique dans la composition du Conseil, notamment en accordant à la région de l’Afrique du Nord un troisième siège.
Cette mesure permettrait, selon l’Egypte, d’assurer une représentation géographique et régionale équitable de l’ensemble des régions du continent. Le Caire se dit ouvert à toutes les options et propositions susceptibles de garantir une représentation juste et équilibrée, de manière à renforcer la crédibilité et l’efficacité du Conseil. En conclusion de son intervention, Madbouli a annoncé que l’Égypte se préparait à accueillir la huitième réunion de coordination de mi-année de l’Union Africaine, le 4 octobre 2026, dans la nouvelle ville d’El-Alamein. Il a également invité les dirigeants africains à participer au premier Forum “El-Alamein-Afrique pour les affaires”, qui se tiendra dans la même ville du 2 au 4 octobre prochain.
Le Premier ministre a souhaité une participation active des principaux hommes et femmes d’affaires des pays africains aux différentes activités du forum, afin de renforcer l’intégration africaine et de stimuler la coopération entre les pays du continent, au service des objectifs de paix, de sécurité et de développement durable en Afrique.





