Les réseaux sociaux sont devenus une vraie source d’information pour bon nombre d’internautes, bien au-delà des médias traditionnels. Cela redistribue les cartes en matière de fiabilité de l’information, selon ICI, site Internet de France Bleu et France 3. Le triptyque traditionnel télé, radio, presse écrite n’est plus l’unique source d’information des jeunes générations, à l’heure des médias sociaux. Vérifier une information est la base du métier de journaliste. L’information qui circule sur les réseaux sociaux n’est pas toujours issue d’une source fiable. Les fake news sont une fausse information volontairement diffusée pour nuire ou influencer. Cette pratique alimente la défiance vis-à -vis des médias en général. Une chaîne comme France Info a une rubrique “vrai ou fake” qui démêle le vrai du faux, en faisant un vrai travail d’investigation. Pas de hiérarchie dans l’info Pour Carine Aillerie, enseignante-chercheure en Sciences de l’information et de la communication à l’Université de Poitiers, l’arrivée du numérique et des réseaux sociaux a totalement reconfiguré les usages des médias. Les réseaux sociaux bouleversent l’accès à l’information. Sur un fil Facebook, chacun ne verra que les infos des sources qu’il a sélectionnées au préalable, en s’abonnant à tel ou tel compte. Cela peut être un média reconnu, un influenceur, un particulier, un proche. Toutes les informations sont mises au même niveau, sans hiérarchisation. Ce qui est recherché avec les réseaux sociaux, c’est l’interaction sociale directe. Selon Médiamétrie, en 2021, “un internaute sur quatre suit un influenceur et parmi eux trois sur cinq reconnaissent suivre leurs recommandations d’achat”. C’est dire l’impact économique de ces influenceurs.
Quelle info ?
La présence de médias alternatifs et indépendants de plus en plus nombreux est un signe de bonne santé démocratique. Dans les pays autoritaires, l’information est censurée, orientée, contrôlée. Mais la multiplicité des sources d’information n’est pas garante d’une information de qualité, fiée. Carine Aillerie rappelle que “chacun a le réflexe d’aller vers ce qu’il connaît déjà, tout le monde n’est pas en capacité de vérifier l’information”. Elle trouve en revanche un réel intérêt à se pencher sur le travail documentaire, l’enquête, l’investigation. Un travail qui réclame des moyens humains et financiers.
Réseaux sociaux : caisse de résonnance pour les fake
Pour Carine Aillerie, “il ne faut pas négliger la place des habitudes familiales” dans la consommation des médias. Elles restent assez ancrées dans les familles. Malgré tout, 70% des jeunes vont chercher l’information au moins une fois par mois sur les réseaux sociaux. Un sondage IFOP pour la Fondation JeanJaurès de janvier 2022, précise que les jeunes âgés de 18 à 24 ans font de moins en moins confiance à la science. Un terrain favorable au développement des thèses complotistes. Ces thèses et les fake news ont existé de tout temps, mais les réseaux sociaux leur offrent une extraordinaire “caisse de résonnance”.





