Voici l’article :
Le 1er avril 2026, les ministres des États africains pionniers dans la mise en œuvre du Pacte mondial pour les migrations se sont réunis dans la capitale égyptienne pour arrêter une position continentale unifiée avant le Forum d’examen international prévu à New York.
Seize pays africains — le Tchad, l’Égypte, l’Eswatini, la Gambie, le Ghana, la Guinée-Bissau, le Kenya, le Lesotho, le Malawi, le Mali, le Maroc, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, la Sierra Leone et le Zimbabwe — ont adopté ce mercredi une déclaration ministérielle conjointe à l’issue d’une réunion organisée au Caire à l’initiative de l’Égypte et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Cette rencontre de haut niveau visait à dresser le bilan des progrès accomplis depuis le premier Forum international d’examen des migrations, tenu à New York en mai 2022, et à préparer une réponse africaine coordonnée pour le Forum de 2026, qui se tiendra dans la même ville.
Un front commun face aux défis migratoires
Dans leur déclaration, les ministres ont reconnu que la gouvernance des migrations sur le continent fait face à des complexités croissantes, malgré des avancées notables : l’adhésion de la plupart des États africains au Pacte mondial, ainsi que l’adoption de cadres continentaux tels que le Cadre de politique migratoire pour l’Afrique, le Protocole sur la libre circulation des personnes et la Convention de Kampala.
Les signataires ont notamment souligné que la majorité des migrations africaines restent intra-continentales, reflétant des dynamiques de mobilité régionale et des liens économiques et sociaux profonds entre pays du continent.
La déclaration identifie plusieurs facteurs structurels qui alimentent les flux migratoires : les inégalités économiques, la croissance démographique — en particulier la jeunesse — les conflits armés, l’insécurité dans le Sahel, ainsi que les effets du changement climatique sur les conditions de vie des populations.
Des engagements concrets
Les ministres ont arrêté une série d’engagements, parmi lesquels le renforcement des mécanismes de coordination continentale, la lutte contre la traite des êtres humains et le trafic de migrants, la promotion de voies migratoires sûres et régulières, ainsi que le développement de partenariats pour la mobilité des compétences et la reconnaissance mutuelle des qualifications.
Ils ont également appelé à la création d’un Fonds africain pour le développement et l’investissement de la diaspora, en partenariat avec l’Union africaine, et ont réaffirmé leur engagement en faveur du retour volontaire dans la dignité et de la réintégration durable des migrants.
La déclaration insiste par ailleurs sur la nécessité de combattre la désinformation autour des migrations et de promouvoir des récits équilibrés, fondés sur des données probantes, qui mettent en lumière les contributions positives des migrants.
Un rôle de premier plan pour le Kenya et le Maroc
Les ministres ont salué le rôle de chef de file du Kenya, désigné comme co-facilitateur de la déclaration finale du Forum d’examen international de 2026. Ils ont également rendu hommage à l’engagement du Maroc dans les initiatives migratoires continentales, notamment sa contribution à l’élaboration de l’Agenda africain pour les migrations depuis 2018 et la mise en place de l’Observatoire africain des migrations, chargé d’orienter les politiques publiques à partir de données fiables.
La réunion du Caire s’inscrit dans une série de concertations africaines récentes sur la question migratoire, après la réunion du comité technique spécialisé de l’Union africaine à Addis-Abeba en novembre 2025, le Neuvième Forum africain pour les migrations au Cap en décembre 2025, et une table ronde ministérielle organisée par l’OIM à Genève le 6 décembre dernier.





