Proposant sans doute la demi-heure la plus excitante de l’année en cyclisme, Milan-Sanremo se résumera plus que jamais à une question simple samedi: Tadej Pogacar peut-il enfin triompher via Roma ?
C’est la sixième tentative de la superstar slovène pour dompter le premier Monument de la saison, le seul avec Paris-Roubaix qui lui résiste encore, longtemps réservé aux sprinteurs avant de devenir l’un des rendez-vous les plus prisés du calendrier, selon l’AFP.
Que les fans de cyclisme soient si impatients de voir le peloton débouler comme une furie dans la Cipressa et le Poggio, les deux bosses mythiques des 25 derniers kilomètres, tient d’abord à l’essence d’une course au charme si particulier et légèrement désuet.
Après le départ de Pavia, dans la banlieue grise de Milan, la Primavera est une longue procession vers la Riviera, souvent dénuée du moindre intérêt, avant un final électrique. Six heures de musique de salle d’attente d’un cabinet dentaire pour une demi-heure de death metal.
Ce cadre unique est sublimé par la quête fascinante d’un homme habitué à gagner partout mais pas ici et qui, avec ses élans désespérés pour conquérir la Classicissima, a changé jusqu’à la manière de la courir.
L’équation, en apparence insoluble, est connue: la Cipressa (5,6 km à 4,1%) et le Poggio (3,6 km à 3,8%) ne sont pas suffisamment sélectifs et sont trop soumis au phénomène d’aspiration pour lui permettre de faire la différence.





