Par : Samir Abdel Ghany



Il tient sa béquille, sourit aux gens et à la vie, et salue les admiratrices. C’est l’artiste Saeed Badawi, déjà octogénaire mais qui conserve toujours sa jeunesse. A l’occasion de l’inauguration de son exposition à la salle Art Corner, nous avons eu cet entretien avec lui.
Le grand plasticien Mohamed Abla et fondateur du Musée de la Caricature du Fayoum m’a dit en inaugurant mon exposition, pour laquelle j’ai choisi le nom « Mes jours » qu’il n’y a rien de plus beau que tes jours, Monsieur Saeed.
Tenant ma béquille, je l’ai laissé tomber et j’ai presque plané dans l’espace de la salle de mon intense sentiment de joie. Les mots d’encouragement des fans sont les vitamines qui me font vivre heureux d’une exposition à une autre.
Dans mes œuvres, je mélange la caricature et l’art plastique. La calligraphie joue un rôle important dans ma méthode de création, puis la couleur vient en complément du tableau peint. Ça peut être de l’or, de l’argent, ou un groupe de couleurs mais sans m’en rendre compte, cette méthode simple est devenue un titre pour la personnalité de mes œuvres et mon reflet.

La diversité des formes et des matériaux entre crayons, crayons de couleur, stylos encreurs, aquarelles et acryliques ainsi que la multiplicité des formes dans l’unité de peinture, constituent l’expression de mes sentiments contradictoires et de mon anxiété constante et de longues années de répression.
Par conséquent, j’ai l’impression de crier sur le papier et j’ai envie de dire beaucoup de choses sur ce tout petit espace du papier… La peinture est une expression de mes rêves et de mes sentiments, et vous constaterez que la femme est l’héroïne. Les animaux de compagnie, les oiseaux et les arbres sont aussi des héros.

Mes œuvres et mon univers ressemblent au monde des enfants dans sa simplicité et son charme irrésistible.
Le jeune artiste Ezzat Hamed, un jeune homme passionné du fer, a des sculptures d’une grande beauté et d’un grand raffinement. Passionné également de musique, vous trouverez donc dans ses œuvres des chanteurs, des musiciens et un pianiste. Il produit également des sculptures pour chars et motos.
Il a fabriqué plus d’un appareil photo pour la photographie ordinaire et cinématographique, et j’admire personnellement sa spontanéité et sa simplicité étonnante.
J’invite les jeunes artistes à apprendre de mon expérience… Je m’exprime simplement et spontanément.
Je vais dans les salles d’exposition comme si j’étais un lycéen en art à la recherche d’une nouvelle façon de créativité. La génération actuelle a la possibilité d’étudier et d’apprendre à distance via les réseaux sociaux et YouTube.
Je demande aussi aux jeunes de regarder les ruelles d’Égypte, d’y lire les détails et de chercher des racines… L’Égypte a un grand héritage que le monde nous envie.
L’un des artistes les plus importants par qui j’ai été influencé, est Mohamed Effat, le peintre d’Akhbar Al Youm, qui m’a motivé à faire une grande exposition, et c’est fait !

L’artiste Mohamed Hakem a écrit le discours de ma première exposition et m’a présenté au public de la manière la plus complète et la plus belle. Je me souviens aussi de l’artiste Youssef Francis qui a posé ses mains sur mon épaule pendant qu’il était à l’intérieur de l’imprimerie et a dit que vous êtes un artiste qui s’est égaré dans les cartons de l’imprimerie. Reste le grand-oncle, l’artiste Salah Jahine, qui a prédit mon succès et a écrit mon nom artistique. Il est le seul artiste qui mérite d’être loué à chaque exposition.
L’exposition a été prolongée jusqu’à mardi prochain, la veille de l’Aïd al-Adha, pour accueillir les êtres chers à nos cœurs.





