Commémoration de la mort de la légendaire artiste égyptienne surnommée « la Sultane » ou encore « la Sultane du tarab », Mounira El Mahdeya qui fut la première femme à monter sur une scène de théâtre en Égypte.
Née sous le nom de Zakia Hassan Mansour le 16 mai 1885 dans le village d’Al-Mahdeya, dans le gouvernorat de Sharqiya, en Égypte, elle perd son père très jeune et est élevée par sa sœur. Elle commence sa carrière artistique comme chanteuse animant les soirées et célébrations à Zagazig. En 1905, un propriétaire de café du Caire découvre sa voix exceptionnelle et la convainc de s’installer dans la capitale.
Au Caire, sa renommée grandit rapidement et elle reçoit le titre de « Sultane du chant ». Elle ouvre ensuite son propre cabaret baptisé « Nozhet El Nofous » dans le quartier d’Azbakeya, devenu un lieu de rencontre pour les intellectuels, hommes politiques et journalistes grâce à sa forte personnalité et son charisme.
En été de 1915, elle monte sur scène avec la troupe d’Aziz Eid pour interpréter le rôle de « Hassan » dans une pièce du cheikh Salama Hegazy. Elle devient ainsi la première femme égyptienne à se produire sur une scène de théâtre, ce qui contribue à populariser davantage les représentations théâtrales. La presse surnomme alors son théâtre « le souffle de la liberté ».
Malgré le fait qu’elle interprétait souvent des rôles masculins, elle se faisait inscrire sur les affiches comme « la première actrice ». Plus tard, elle quitte la troupe d’Aziz Eid pour créer sa propre compagnie théâtrale et présente les œuvres les plus célèbres de Salama Hegazy. Elle collabore également avec les plus grands poètes et compositeurs de son époque et contribue à révéler le talent du musicien Mohamed Abdel Wahab.
En 1935, elle tient le rôle principal dans le film El Ghandoura, unique film de sa carrière, réalisé par le cinéaste italien Volpi. En 1948, après vingt ans d’absence artistique, elle tente un retour au théâtre, sans retrouver le succès espéré.
Cette période est marquée par une rivalité intense avec Oum Kalthoum, dont l’arrivée bouleverse la scène musicale avec de nouvelles exigences artistiques auxquelles Mounira El Mahdeya ne parvient pas à s’adapter. Elle choisit alors de se retirer définitivement de la vie artistique pour se consacrer à sa passion pour les animaux domestiques.
Parmi ses chansons les plus célèbres :
« Asmar Malek Rouhi », « Yamama Helwa », « Erkhy El Setara », « Baad El Acha Yehla El Hazar », « Achtaky Le Mine El Hawa », « Ana Hawit », « Ana Achaqt » et « Ya Mahla El Fos’ha Ya Einy ».
Mounira El Mahdeya s’est éteinte le 11 mars 1965 à l’âge de 80 ans, après une carrière artistique riche qui s’est étendue sur plus de trente ans.





