Un superbe hymne à l’art islamique, voilà comment on peut définir le Palais de Mohamad Ali Tewfiq à Manial, au Caire, construit au début du XXe siècle. C’est dans un Caire en pleine effervescence architecturale et urbaine que le khédive Tewfiq (1875 – 1954) a lancé le projet Le ton est donné. D’un raffinement extrême, le de construction de son palais. Sur une stèle à l’entrée du palais, il a fait inscrire la phrase : «Mohamad Ali, fils du feu khédive Tewfiq, a bâti ce palais pour honorer les arts islamiques». palais est un joyau fait de détails étudiés avec minutie. La gamme de choix est variée: art persan, ottoman, mamelouk et maghrébin. Le palais est un hymne à la beauté, au luxe et à l’art. Coup de projecteur sur l’œuvre et sur ce prince à la vie mystérieuse. Le Caire était le théâtre depuis 1867 de grandes transformations initiées par le khédive Ismaïl qui voulait donner à sa capitale une touche moderne.
Mais impressionné par la tendance de l’art islamique, le prince Mohamed Ali Tewfiq s’inscrit alors avec le style mauresque de son palais, à contrepied de ce style européen. A seulement quelques kilomètres du Caire européen du khédive Ismaïl, le choix du site est judicieux, en pleine verdure sur l’île de Roda dans le quartier de Manial. A l’époque, le terrain qui appartenait à la famille royale a été vendu à un Français et le prince a dû le racheter en 1902 pour y réaliser son projet. Dès le départ, il avait une vision culturelle pour son œuvre. Amoureux des arts, très fin collectionneur, le prince a fait venir les pièces de son palais des quatre coins du monde. La salle Shamia, en référence à la Syrie, a été décorée par les boiseries de l’ancien palais syrien Al-Azama. Amoureux des chevaux, il veillait à sélectionner les plus beaux pur-sang arabes pour son écurie. Leurs descendances sont encore répertoriées partout à travers le monde.







