Par : Marwa Mourad
Le Musée Pointe-à-Callière de Montréal accueille depuis avril dernier une exposition temporaire sur la civilisation égyptienne antique.
L’exposition Égypte. Trois mille ans sur le Nil, qui regroupe 320 objets authentiques, se poursuit jusqu’au 15 octobre.
C’est une exposition unique sur l’Égypte!, lance Élisabeth Côté en réponse à Radio Canada International (RCI), qui lui avait demandé en entrevue si ce n’était qu’une autre exposition sur l’Égypte du temps des pharaons.
Comme nous n’avons pas d’accès à une collection égyptologique permanente, nous avons tenté de proposer une vision multimillénaire de cette civilisation, ajoute la chargée de projets de Pointe-à-Callière.
Les artefacts, présentés en exclusivité nord-américaine, sont issus de la collection du musée Egizio de Turin, en Italie.
L’exposition ne s’intéresse pas qu’aux rois ou pharaons de l’Égypte antique.
La civilisation égyptienne fascine le public, selon Élisabeth Côté.
Les Égyptiens ont structuré beaucoup d’éléments qui sont importants pour la civilisation humaine. Que ce soit le système d’écriture, la momification, l’organisation sociale ou l’urbanisme. Ils ont laissé des traces qui nous touchent en tant qu’êtres humains. On se sent proches d’eux, même s’ils ont vécu 5000 ans avant nous, ajoute-t-elle.
Cette fascination pour l’histoire de l’Égypte se retrouve aussi chez les visiteurs de l’exposition qui se sont confiés à Radio Canada International RCI.
Saïda, qui est d’origine marocaine, est venue de Mont-Saint-Hilaire, une municipalité au sud de Montréal. Elle était accompagnée de son mari canadien, André, et de leur fils Ayoub.
Cette exposition permet aux jeunes comme Ayoub, qui a 13 ans, d’accéder à de merveilleuses pièces et informations archéologiques, indique André.
Je ne suis jamais allé en Égypte avant, mais cette exposition m’a donné envie de visiter ce pays. Ma femme m’en parle souvent, dit celui qui a déjà visité plusieurs fois le pays de naissance de sa femme.
De son côté, Saïda note que, malgré ses multiples lectures précédentes, l’exposition lui a permis d’apprendre de nouvelles informations sur la civilisation pharaonique. Elle donne l’exemple des techniques de momification, qui ont été bien expliquées.
Une section de l’exposition accueille une momie. Pour les Égyptiens, la momie elle-même fait partie d’un ensemble de rites nécessaires à l’accès à la vie éternelle. Cette section en montre les étapes, explique Élisabeth Côté.
Disposée derrière une vitrine de protection, la momie est conservée dans des conditions très stables.
La chargée de projets souligne que la visite de l’exposition se fait en une heure.
Le visiteur peut découvrir cette civilisation qui s’est bâtie autour du Nil à travers une ligne de temps. Celle-ci n’est pas linéaire puisqu’entre les différentes périodes stables [les empires], il y a eu des moments de changement plus incertains, mentionne Mme Côté.
La section suivante permet de constater que la population était majoritairement agricole. La troisième section porte quant à elle sur la hiérarchie sociale.
Une autre partie de l’exposition s’intéresse aux cultes et pratiques qui ont perduré pendant des millénaires, dont le culte des animaux.
On y apprend que certains animaux étaient associés aux divinités, mais n’étaient pas vénérés pour eux-mêmes. Ils étaient des intermédiaires entre les humains et les dieux. Toute une section de l’exposition leur est dédiée.
Le chat avait une place particulière, notamment en raison de son lien avec les déesses Bastet, à tête de chat, et Sekhmet, à tête de lion.
Les pratiques funéraires ont aussi leur section. Les Égyptiens aimaient tellement la vie qu’ils voulaient qu’elle se perpétue pour toujours, explique Élisabeth Côté.
La dernière section porte sur les dieux.
Puis, à la toute fin de l’exposition, une capsule sur écran interactif permet de découvrir le Montréal égyptien actuel. Elle présente, entre autres, les vagues migratoires des Égyptiens au Canada, le drapeau égyptien et les associations.
La chargée de projets, exposition-développement des technologies multimédias du Musée Pointe-à-Callière, insiste sur l’accessibilité de l’exposition. Cette dernière ne comporte pas uniquement des artefacts. Par exemple, les enfants et même les adultes peuvent utiliser des écrans tactiles qui leur permettent d’écrire leurs noms en hiéroglyphes égyptiens.
Ce n’est pas la première fois que le Musée Pointe-à-Callière met sur pied une exposition sur la civilisation égyptienne en collaboration avec le musée Egizio de Turin, qui détient l’une des plus importantes collections au monde sur la civilisation égyptienne.
En effet, le musée a présenté l’exposition Majestueuses reines d’Égypte au printemps 2018.
L’exposition s’est intéressée au pouvoir féminin, que ce soit les grandes épouses royales, les mères des pharaons et leurs femmes. On avait visité les lieux qu’avaient fréquentés ces femmes de pouvoir, dit Élisabeth Côté.
Interrogée par Radio Canada International RCI sur l’implication de l’ambassade d’Égypte dans le projet, Mme Côté précise que cette dernière est l’un des partenaires de promotion, mais qu’elle n’intervient pas dans l’exposition en exigeant des contenus particuliers, par exemple.





