Le premier dialogue stratégique entre la République française et la République arabe d’Égypte s’est tenu au Caire le 20 avril 2026. Le secrétaire général du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Martin Briens, et le vice-ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Egyptiens expatriés pour les affaires africaines, Mohamed Abou Bakr, présidaient respectivement les délégations française et égyptienne.
Ce dialogue stratégique fait suite à la décision d’élever la relation bilatérale entre la France et l’Égypte au niveau de partenariat stratégique, qui a été prise lors de la visite officielle de haut niveau du président de la République française en Égypte les 7 et 8 avril 2025 organisée à l’invitation du président de la République arabe d’Égypte.
Le secrétaire général et le vice-ministre des Affaires étrangères se sont félicités de la qualité exceptionnelle de la relation bilatérale et ont tiré un premier bilan positif de la mise en œuvre du partenariat stratégique.
Coopération économique et
financière
Le secrétaire général et le vice-ministre des Affaires étrangères ont discuté de la coopération économique et financière entre leurs deux pays et de la mise en œuvre de l’Accord intergouvernemental sur la coopération financière pour la période 2026-2030, qui s’appuie sur des projets validés par les deux parties.

Dans ce contexte, les deux parties ont célébré les vingt ans de l’implantation de l’Agence française de développement (AFD) en Égypte, soulignant qu’il s’agit d’un moment clé du partenariat de longue date avec le gouvernement égyptien et rappelant les effets concrets des projets financés par l’AFD sur la vie des citoyens égyptiens.Elles se sont également félicitées de la dynamique créée par la visite du président Emmanuel Macron en Égypte, qui témoigne de l’ambition commune de rehausser le niveau des relations bilatérales dans le cadre d’un partenariat stratégique, notamment grâce à une coopération renforcée dans les secteurs prioritaires.
Au cours de cette visite, neuf accords de financement ont été signés avec l’AFD pour soutenir des projets de développement dans les secteurs des transports, de l’énergie et du logement, pour un montant total de 262,2 millions d’euros.
La partie égyptienne a réaffirmé qu’elle accordait une importance croissante aux programmes d’appui budgétaire, qui constituent une modalité de financement clé pour améliorer la stabilité macroéconomique et garantir la distribution efficace des ressources, conformément à ses objectifs de développement nationaux, et elle a salué la contribution de la France au programme pour l’assurance maladie universelle, un prêt de 150 millions d’euros et une subvention de deux millions d’euros.
Les deux parties ont par ailleurs souligné la coopération en cours dans le domaine du développement vert et de la durabilité, notamment au moyen du projet « Green Sustainable Industry » (« industrie verte et durable », GSI), financé à hauteur de 45 millions d’euros. Elles ont noté que l’accord simplifié relatif au projet GSI avait été signé en octobre 2025 et que les procédures relatives à l’accord sur la facilité de crédit étaient en cours de finalisation, en prévision de la signature de cet accord.Les deux parties ont en outre appelé de leurs VŒUX la poursuite de la coopération bilatérale dans le domaine des transports. Elles se sont réjouies de la dynamique insufflée par la visite d’une délégation du ministère français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique au Caire les 9 et 10 février afin d’avancer sur la mise en œuvre du projet de ligne 6 du métro du Caire.
Ce projet témoigne d’un partenariat de longue date, ancré dans la première feuille de route signée en 2021 et réaffirmé lors de la visite du président de la République française en Egypte en 2025, qui donne une orientation claire en matière de planification et de financement.
Mobilité et migration
Le secrétaire général et le vice-ministre des Affaires étrangères ont évoqué les avancées réalisées dans le cadre du dialogue migratoire bilatéral, instauré par le partenariat stratégique dans l’objectif de signer un accord sur les retours et les réadmissions et de renforcer la coopération migratoire globale, notamment en matière de mobilité légale et de formation professionnelle. Ils ont salué la tenue d’une troisième session de négociations à Paris les 8 et 9 avril 2026. Ils sont convenus de parvenir à un accord dans les prochaines semaines.
Culture
Le secrétaire général et le vice-ministre des Affaires étrangères ont salué la richesse du partenariat bilatéral dans les domaines de la culture, du patrimoine et de l’archéologie.
Les deux parties ont accepté le principe d’une feuille de route franco-égyptienne pour le renforcement de la coopération dans le domaine du patrimoine visant à développer le dialogue bilatéral entre professionnels et l’échange d’expertise dans ce domaine. Elles se sont félicitées de l’inauguration prochaine de la bibliothèque du Grand musée égyptien, développée avec l’appui de la France.
Les deux parties sont convenues de reconnaître l’importance de la coopération s’agissant de l’intelligence artificielle, de la transition numérique et des entreprises émergentes dans les domaines de la culture, de l’économie créative et de la traduction.
Coopération éducative et universitaire
Les deux parties ont reconnu l’importance de la coopération éducative et linguistique en tant que vecteur du renforcement des liens qui unissent la France et l’Égypte grâce à leurs acteurs de l’éducation respectifs. À cet égard, elles ont salué le jumelage d’écoles françaises et égyptiennes et ont rappelé l’importance de l’échange d’expertise dans la formation des gestionnaires et des enseignants. Elles ont souligné les enjeux du renforcement du multilinguisme, du développement des écoles francophones et de la promotion de la langue française en Egypte. Elles sont convenues de travailler ensemble à l’ouverture de nouvelle écoles publiques bilingues francophones dans les années à venir et se sont réjouis du lancement de la deuxième phase du projet TRèFLE, appuyant l’enseignement du français en tant que deuxième langue vivante dans les écoles publiques.Elles ont également souligné l’importance de l’intégration de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels dans leurs programmes de coopération éducative et linguistique, notamment en soutien aux secteurs de croissance comme l’industrie ferroviaire et l’industrie automobile, la transition écologique, l’agriculture et le tourisme.
Le secrétaire général et le vice-ministre des Affaires étrangères se sont félicités de la Journée franco-égyptienne de la coopération scientifique et universitaire, organisée en France le 5 février 2026 dans la continuité des Assises franco-égyptiennes de la coopération scientifique et universitaire.
Cet événement a réuni plus de 150 participants et a permis de conforter la nouvelle dynamique de la coopération bilatérale universitaire et des partenariats pour la recherche scientifique et l’innovation.
De nouveaux programmes universitaires français ouvriront en Égypte dans les prochains mois. Les deux parties ont noté les progrès importants de la refondation de l’Université française d’Egypte, qui disposera à la rentrée prochaine des premiers bâtiments de son nouveau campus.Elles ont par ailleurs identifié comme priorités conjointes la formation professionnelle et technique et la perspective d’une coopération bilatérale en appui à des secteurs porteurs, dont les transports.Elles ont évoqué ensemble le dynamisme de la francophonie en Égypte, qui se matérialise notamment par le nouveau campus de l’université Senghor dont l’inauguration fera l’objet d’une nouvelle visite du président de la République française.
Enjeux mondiaux et multilatéralisme
Le secrétaire général et le vice-ministre des Affaires étrangères ont pu échanger sur les enjeux mondiaux et multilatéraux, notamment la lutte contre les changements climatiques et les crises environnementales, la protection des océans, la perte de biodiversité, la désertification, la santé mondiale, l’intelligence artificielle et les droits de l’Homme. Ils ont réaffirmé leur soutien à la mise en œuvre de l’Accord se rapportant à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et portant sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (dit « BBNJ »).
Ils ont souligné leur volonté de se fonder sur la science pour orienter l’action climatique et environnementale et ont réaffirmé leur ferme soutien au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat et à la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques. Ils ont réitéré l’intérêt d’une coordination étroite de leurs efforts au sein des instances onusiennes et multilatérales sur ces sujets.
Le secrétaire général a affirmé le soutien de la France à l’intégration de l’Égypte à l’initiative pour le corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe.
En cette période critique, il est essentiel que la France et l’Egypte renforcent encore leur coopération et leur coordination sur les questions d’intérêt commun traitées au sein d’enceintes clés, comme le G7, le G20 et le groupe Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, et au sein des organisations internationales.
Cette coordination est cruciale pour la réduction des inégalités mondiales et pour la promotion d’une gouvernance mondiale plus juste et plus inclusive, notamment la réforme du financement du développement visant à créer des partenariats mutuellement bénéfiques.
Questions régionales
En outre, le secrétaire général et le vice-ministre des Affaires étrangères ont réaffirmé leur attachement à la coopération bilatérale dans la gestion des crises régionales, en particulier au Moyen-Orient, concernant notamment la réalisation d’une paix durable s’agissant de la Palestine, conformément à la solution des deux États, et la situation actuelle en Iran, au Liban, en Irak, en Libye, au Soudan et dans la Corne de l’Afrique. Les questions liées à l’eau ont également été évoquées.
Les deux parties ont demandé une paix juste et durable en Ukraine. Elles ont salué la tenue au Caire le 26 mars 2026 de consultations bilatérales sur les questions régionales, notamment les questions africaines, et sont convenues de l’importance de la poursuite de leur dialogue afin d’avancer dans leurs domaines d’intérêt mutuel et de tirer parti des résultats du sommet « Africa Forward » qui se tiendra à Nairobi les 11 et 12 mai 2026.
La prochaine session du dialogue stratégique se tiendra en France au premier semestre 2027.




