Les interfaces cerveau-ordinateur, longtemps cantonnées aux laboratoires, franchissent un cap décisif. Pour la première fois, un pays autorise la vente d’un dispositif capable de traduire l’activité cérébrale en mouvements physiques. Ce premier implant cérébral commercial bouscule le calendrier des géants occidentaux et pose de nouvelles questions sur l’avenir de ces technologies, selon sciences-et-vie.com.Le dispositif, baptisé système NEO, a été conçu par l’entreprise Neuracle Medical Technology, basée à Shanghai. Il se présente sous la forme d’un implant sans fil de la taille d’une pièce de monnaie, posé sur la membrane externe du cerveau sans pénétrer les tissus. Concrètement, l’appareil capte les signaux électriques émis par les neurones lorsque le patient a l’intention de bouger sa main, comme le détaille Euronews.Ces signaux sont ensuite décodés par un logiciel, puis transmis à un gant robotisé porté par le patient. Le gant utilise un système de propulsion à air comprimé pour ouvrir et fermer la main, permettant ainsi de saisir des objets du quotidien comme une bouteille ou un téléphone. Autrement dit, la pensée suffit à déclencher un mouvement mécanique sans que le patient ait besoin de solliciter ses muscles.L’innovation réside aussi dans sa conception non pénétrante. Contrairement à d’autres implants qui insèrent des électrodes directement dans le tissu cérébral, celui de Neuracle repose à la surface du cortex (la couche extérieure du cerveau). Cette approche réduit les risques de lésion cérébrale tout en offrant une résolution de signal suffisante pour piloter le gant avec précision.L’Administration nationale chinoise des produits médicaux a accordé à ce dispositif un certificat de classe III, le niveau réglementaire le plus élevé du pays. Cette autorisation, obtenue le 13 mars 2026, fait de la Chine le premier pays au monde à commercialiser un implant cérébral invasif.Aux États-Unis, Neuralink, l’entreprise d’Elon Musk, poursuit ses essais cliniques avec 21 participants enregistrés début 2026, selon Scientific American. Toutefois, aucun dispositif d’interface cerveau-ordinateur n’a encore reçu d’autorisation commerciale outre-Atlantique. La Chine prend donc une longueur d’avance significative sur ce terrain.D’autres entreprises chinoises se positionnent également sur ce marché émergent. L’an dernier, Shanghai NeuroXess a fait parler d’elle lorsqu’un homme de 28 ans, paralysé depuis 8 ans, a pu contrôler des appareils numériques par la pensée seulement 5 jours après avoir reçu un implant. Ce résultat témoigne de la rapidité des progrès réalisés dans le secteur.Le gouvernement chinois soutient activement cette filière. Les interfaces cerveau-ordinateur figurent désormais parmi les priorités stratégiques nationales, et Pékin prévoit de les intégrer dans ses prochains plans économiques. En parallèle, le pays s’engage à simplifier les parcours réglementaires pour accélérer la mise sur le marché de ces technologies. Les projets fondateurs comme BrainGate, développés aux États-Unis au début des années 2000, avaient posé les bases scientifiques sur lesquelles s’appuient aujourd’hui les entreprises chinoises.





