Ces dernières années, le continent africain a connu une expansion remarquable de ses capacités de production d’électricité, stimulée par la croissance démographique, l’expansion industrielle et de grands projets énergétiques, particulièrement au nord et au sud du continent. La capacité installée de chaque pays reflète l’ampleur de son infrastructure électrique — et pas seulement la production réelle — illustrant ainsi la puissance réelle des réseaux énergétiques.
L’Égypte : Leader du continent avec plus de 60 GW
L’Égypte occupe la première place en Afrique avec une capacité installée dépassant les 60 gigawatts (GW). Cette expansion est due à des projets gigantesques, notamment les centrales Siemens de Béni Souef, de la Nouvelle Capitale Administrative et d’Al Burullus. À cela s’ajoutent le complexe solaire de Benbane, les centrales Abydos et Obelisk, ainsi que les parcs éoliens du golfe de Suez. L’Égypte dispose d’un mix équilibré entre gaz et énergies renouvelables, avec un surplus de production permettant l’exportation, selon Khas Misr.
L’Afrique du Sud : Une puissance traditionnelle dépendante du charbon
L’Afrique du Sud arrive en deuxième position avec une capacité installée estimée à environ 55 GW. Historiquement, il s’agit du système électrique le plus ancien et le plus vaste du continent. Géré principalement par la société Eskom, il repose essentiellement sur le charbon, avec une introduction progressive du renouvelable et du nucléaire. Cependant, le pays fait face à des défis opérationnels et à des coupures de courant récurrentes.
L’Algérie : Le géant du gaz en Afrique du Nord
L’Algérie occupe le troisième rang avec une capacité comprise entre 25 et 30 GW. Elle dépend quasi exclusivement de centrales thermiques à gaz naturel, tirant profit de ses vastes réserves pour soutenir son secteur électrique. Le pays s’oriente récemment vers une expansion de l’énergie solaire dans le Sahara.
Le Maroc : Un modèle émergent dans les EnR
Le Maroc se classe quatrième avec une capacité d’environ 11 à 12 GW. Il est considéré comme l’un des pays africains les plus en pointe dans la transition vers les énergies propres. Il abrite le complexe solaire “Noor” à Ouarzazate, l’un des plus grands projets au monde, ainsi qu’une forte expansion de l’énergie éolienne.
La Libye : Des capacités importantes malgré les défis
La Libye occupe la cinquième place avec une capacité située entre 10 et 12 GW, reposant sur le gaz et le pétrole. Bien qu’elle dispose d’une infrastructure relativement solide, l’instabilité politique a affecté l’efficacité opérationnelle et la stabilité de l’approvisionnement.
Le Nigeria : Un potentiel immense sous-exploité
Le Nigeria arrive en sixième position avec une capacité installée d’environ 13 GW. Cependant, la capacité réelle disponible est bien inférieure en raison de problèmes de réseau et de maintenance. Le pays dépend principalement du gaz, malgré une population record et un besoin croissant en énergie.
L’Angola : Priorité à l’hydroélectricité
L’Angola se classe septième avec une capacité de 7 à 8 GW. Sa production repose majoritairement sur les barrages hydroélectriques, comme celui de Laúca, ce qui en fait l’un des leaders africains dans ce type d’énergie.
La Tunisie : Un système stable à la mixité limitée
La Tunisie occupe la huitième place avec une capacité comprise entre 6 et 7 GW. Elle dépend essentiellement du gaz naturel, tout en tentant d’intégrer progressivement l’énergie solaire et éolienne.
L’Éthiopie : Une ascension rapide grâce aux barrages
L’Éthiopie se classe neuvième avec une capacité d’environ 5 à 6 GW. Sa croissance rapide est portée par d’immenses projets hydroélectriques, notamment le Grand barrage de la Renaissance (GERD), pierre angulaire de sa transformation en exportateur régional d’énergie.
Le Ghana : Équilibre entre gaz et hydraulique
Le Ghana clôture la liste à la dixième place avec une capacité d’environ 5 GW. Il s’appuie sur un mélange de gaz naturel et d’hydroélectricité, avec des plans pour renforcer ses capacités afin de répondre à une demande locale croissante.





