L’art du tissu est un art particulier qui reprend le savoir-faire des ancêtres. Des grands noms marquent cet art très subtil à l’époque actuelle à l’instar d’Ibrahim Al-Baridi et Naïma Al-Sanhouri. Mais, nul ne peut oublier une des pionnières et des grands noms de cet art : Ekram Omar. Le Progrès Egyptien vous invite cette semaine à découvrir le parcours de cette artiste subtile et singulière. Un hommage particulier à cette dame de calibre qui a su consacrer sa vie pour donner un élan à l’art et pour encourager ceux qui l’apprennent.
Plasticienne égyptienne, Ekram Omar a commencé ses études à l’Ecole des Beaux-Arts en 1958 et y a fait ses études jusqu’en 1960. Puis, elle a épousé son professeur le feu plasticien Mamdouh Ammar. Ils sont partis ensemble en Europe. C’est alors qu’Omar s’est inscrite à l’Ecole des Arts d’ornements à Paris en 1961 pour deux ans. De même, elle a fait des études à l’Ecole des Beaux-Arts de Rome en 1966 et a obtenu son diplôme avec mention « excellent ».
De retour en Egypte, elle a décidé de se consacrer à enseigner l’art aux enfants pour les doter d’un outil hors d’expression de soi. Une expression de soi très créative. Elle avait un rêve qui a animé son choix : alimenter l’âme des enfants pour obtenir dans l’avenir des œuvres d’art singulières. Un pas qu’elle a considéré indispensable pour donner une touche humaine et civilisée à notre monde.
Pendant des années, Ekram Omar a choisi de placer ses outils d’artiste au service de la jeunesse et des bouts de choux en enseignant dans les écoles de Port-Saïd et dans toute l’Égypte pendant plus de deux décennies. Durant toute cette période, elle a veillé à organiser des expositions à ses élèves et même à garder quelques œuvres d’art appartenant à ses élèves et à ses disciples.
Plus tard, elle s’est consacrée à son art à la fin des années 70 en exploitant les bouts de tissus pour les colorer et leur donner vie.
Pour tracer ses œuvres, Omar s’est surtout inspirée de la nature, cette mère qui nous console face à la tristesse et aux pressions de la vie contemporaine. Alors il ne fait aucun doute que ses œuvres sont un hymne visuel à la beauté et à la simplicité dans un monde de couleurs avec des fleurs sauvages, des lys, des roses, des palmiers et des arbres. Elle se distingue aussi des artistes cubistes, des artistes dada, abstraits, ou surréalistes. Ici, le des morceaux de tissu ne sont pas tant un moyen qu’une fin en soi. Un voyage… à travers un rêve.
Dans ses œuvres, nous entendons et voyons à travers des fils qui ressemblent à des dialogues qui varient dans leurs textures et leurs inscriptions, ainsi que dans leurs couleurs. Des couleurs qu’elle teint parfois avec toutes les combinaisons qu’elle souhaite afin qu’elles ressemblent davantage à des spectres dont les couleurs se combinent, comme les aquarelles, et dont transparence nous emmène vers divers horizons dans ses touches de douceur, et de rugosité dans des surfaces très vivantes pleines d’harmonie.
En 2020, Ekram Omar s’inspire du lauréat du prix Nobel, Mahfouz, et organise à la galerie Khan Al-Maghraby une exposition intitulée « Ekram Omar et Naguib Mahfouz, mille et une nuits », présentant au public 80 tableaux artistiques en tissus. Un travail qu’elle a confectionné durant vingt longues années et qui constitue un dialogue très particulier avec Mahfouz.
Les exemples abondent en parlant d’Omar, et nul ne peut décrire en quelques lignes la subtilité de son art, mais une chose est sûre : cette artiste a su se créer une place particulière et inoubliable.












