Qui a dit que sculpter est une affaire d’homme ? Bien au contraire, une sculpteuse a de l’ingéniosité dans les doigts et quand elle sculpte c’est pour refaire le monde. C’est ainsi que l’on pourrait décrire la carrière de notre artiste Mariam M. Radwan. Mariam Radwan, 32 ans, est diplômée de la Faculté d’éducation artistique en 2011, de l’Université de Helwan à Zamalek, a obtenu une Maîtrise au département de sculpture immédiatement et a travaillé comme professeure d’art pendant quatre ans au Caire.


Jeune artiste francophone, elle poursuit son parcours d’apprentissage de l’art : “Je réside actuellement à Tourcoing dans le nord de la France pour suivre un Master en art, à l’ESÄ Nord-Pas-de-Calais. A la fin de mes études j’obtiendrai un DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique). Et la jeune sculpteuse de noter : « J’ai commencé dans le monde de l’art depuis que j’ai rejoint la faculté. J’étais très intéressée à participer à diverses expositions d’art. En 2008, j’ai commencé à exposer mes œuvres dans le cadre d’expositions collectives. Le début de ma spécialisation dans le domaine de la sculpture s’est fait par mon inscription au programme de Maîtrise au Département d’expression stéréoscopique de la faculté, en 2012. C’était la première exposition de sculpture où j’ai présenté mes œuvres sculptées sur pierre ».

Radwan demeure également reconnaissante envers tous ceux qui l’ont épaulée au début de sa carrière. Elle a exprimé cette gratitude au Progrès Egyptien en ces mots : « Mon professeur, Dr Mahmoud Mabrouk m’a énormément encouragé, il m’a appris et m’a conseillé de continuer à étudier dans le domaine de la sculpture, car j’ai un style différent. C’est ma mère – par son soutien moral et financier- qui m’a le plus encouragée à continuer à étudier, voyager et travailler pour réaliser mes ambitions dans le domaine de l’art. Contrairement à d’autres mères, elle n’a pas cherché à me caser et me trouver un prétendant, mais m’a plutôt donné des ailes pour m’élancer dans les cieux de l’art ».

Au sujet de l’école artistique qu’il l’a le plus influencée, elle indique : « Bien sûr, j’ai été influencée par de nombreuses écoles d’art au cours de mes études, car j’ai étudié l’histoire de l’art, le patrimoine et l’art contemporain. J’ai eu envie d’assister à divers ateliers d’art pour en savoir plus, je suis très intéressée par les nouveautés dans le domaine technique, je suis curieuse d’en savoir plus et d’en apprendre davantage. Je penche beaucoup plus vers l’école abstraite. Je ne peux pas dire exactement ce que j’aime ni quelle est mon œuvre préférée… c’est vraiment une question difficile… car j’aime chaque expérience artistique que j’ai vécue et chaque participation, que ce soit dans un symposium ou un concours, chaque œuvre a une importance particulière et représente une expérience unique. Ce qui m’intéresse c ’ e s t aussi l’expérience, les matériaux diff é r e n t s auxquels je ne suis pas habitué, que ce soit la neige, la glace, la pierre, le bois ou le métal ».


Radwan a des aspirations immenses et sans limites. C’est une femme qui a pris l’habitude de faire avec ses doigts des miracles alors pourquoi ne pas en faire autant avec sa carrière. « Il y a un rêve avec lequel j’ai commencé à travailler il y a plusieurs années, qui consiste à avoir une œuvre d’art ou une œuvre sculpturale monumentale dans tous les pays du monde. Je rêve toujours d’avoir une grande œuvre artistique sur les places publiques, comme la statue de Nahdat Misr. Je suis reconnaissante d’avoir participé au Symposium d’Assouan, car j’ai une œuvre exposée au Granite Open Museum, et c’est un grand honneur pour moi dans une ville mythique comme Assouan ».


Et d’ajouter que l’art a beaucoup marqué sa perspective dans ce monde : « A travers la recherche constante de mouvements artistiques sur Internet et tout ce qui touche à l’art, j’ai adoré l’idée de voyager et de connaître différentes cultures et de vivre le contact avec différents peuples à travers des expositions artistiques. Le début était d’Assouan et le contact avec des artistes étrangers, qui m’a donné des ailes vers d’autres pays du monde. J’ai contacté plusieurs institutions et soumis mon CV et des idées de projets que je souhaite mettre en œuvre. J’ai commencé avec le Symposium Morge en Suisse, qui était mon premier lancement mondial, où j’ai sculpté sur calcaire, puis en Espagne, sculpter sur albâtre, j’ai beaucoup aimé le résultat ».


Puis elle s’installe en Chine dans une expérience unique et un défi fort, qui est de participer au concours international de sculpture sur neige et glace dans le nord de la Chine à Harbin, d’où la première participation égyptienne à cet événement mondial. « Il est considéré comme l’un des succès les plus importants et les plus marquants de ma carrière artistique pendant deux années consécutives. Je me suis également rendu à Brienz pour ma première expérience de sculpture sur bois et ma deuxième participation en Suisse. J’ai aussi pris part à un programme de résidence artistique dans le nord de la Finlande produisant des œuvres et des sculptures d’art en bois inspirées de la vie en forêt et des manifestations naturelles dans les pays scandinaves », a-t-elle expliqué.
Radwan reconnaît que la vie d’une sculpteuse n’est jamais facile et qu’elle nécessite beaucoup d’efforts car ce domaine était longtemps exclusif aux hommes. Mais, rien ne l’empêche de sculpter sa voie vers la réussite.









