Le gouvernement américain vient de dévoiler ses nouvelles recommandations nutritionnelles. La biologiste et biochimiste Eva Vacheau ainsi que le Pr Boris Hansel, médecin endocrinologue-nutritionniste, nous aident à décrypter ce que cette “réinitialisation” change vraiment pour la santé, selon doctissimo.fr.La nouvelle pyramide alimentaire présentée le 7 janvier dernier rompt brutalement avec des décennies de conseils nutritionnels. En inversant le schéma classique pour placer la viande et les produits laitiers au sommet (qui est ici la base large), cette réforme bouscule les certitudes scientifiques.Le changement le plus spectaculaire est visuel : la pyramide est désormais inversée. La base, située en haut, met à l’honneur la côte de bœuf, le poulet et les produits laitiers, au même niveau que les brocolis.Pour la biologiste Eva Vacheau, ce choix graphique n’est pas anodin. “Cette mise en avant permet vraiment de voir que les protéines sont au centre, au même niveau que les végétaux”. Un constat partagé avec réserve par le Pr Boris Hansel, médecin nutritionniste.L’autre pilier de cette réforme est la réhabilitation des graisses saturées. Robert F. Kennedy Jr promeut activement la cuisine au beurre et à la graisse de bœuf. Si ce point fait grincer des dents certains épidémiologistes, Eva Vacheau souligne l’intérêt de revaloriser les apports protéiques, pour certaines catégories de populations, comme les femmes ménopausées, par exemple.Toutefois, le Pr Hansel y voit une spécificité très américaine, peu transposable en Europe. “En France, nous aurions plutôt recommandé de réduire les aliments ultra-transformés au profit de produits d’origine végétale, y compris des graisses de qualité comme l’huile d’olive ou les oléagineux, conformément au régime méditerranéen”.Malgré quelques points intéressants, la communauté scientifique reste donc très réservée. La disparition de repères chiffrés sur l’alcool et l’incitation à consommer plus de graisses animales pourraient être mal interprétées. Le Pr Hansel souligne le risque de confusion.Sur la question de la viande rouge, il rappelle nos standards européens. “Nous restons sur nos recommandations : la viande rouge, c’est un maximum de 500 g par semaine. On ne peut pas cautionner ce message de manger de la viande et des œufs tous les jours”.





