Etre chauffeuse de taxi, un défi et une fierté

Etre chauffeuse, ou chauffeur(e) de taxi bien sûr relève d’un parcours parsemé d’embûches. Bien plus pénibles encore que le code de la route : les préjugés. Des femmes relevèrent pourtant le pari. Elles sont presque 2000 femmes et filles. Elles ont choisi de fréquenter un trajet si difficile et presque consacré aux hommes pendant de longues années. Par pur amour ou forcées, ce qui est certes sûr, c’est qu’elles ont pu se prouver et s’affirmer. Il s’agit des femmes chauffeuses de taxi.
Entre partisans et opposants, ces femmes courageuses ont décidé d’entrer avec courage dans la fosse aux lions en jetant derrière elles, les avis décourageants et négatifs. Elles brisent la barrière de verre et travaillent dur afin de prouver que la femme est capable d’affronter le pire et capable d’accéder à tous les postes.
« Certains métiers sont exclusivement réservés ou restent dominés par les hommes, mais il n’est plus rare de voir des femmes réussir. » A commencé Rania chauffeuse de taxi ses propos à cœur ouvert au « Le Progrès Egyptien ». Parcourant avec elle, le chemin du travail à partir de la maison, avec une conduite sûre et sans complexe, nous avons eu avec elle cet entretien si intéressant.
S’imposer en tant que femme dans un secteur de métier traditionnellement réservé aux hommes, n’est pas une chose aisée. Mais Rania a su avec obstination et sérénité tordre le coup à cette réalité.
Au volant depuis presque 3 ans due aux circonstances du coronavirus, elle a été obligée de trouver un moyen de vivre car le sien a été fermé à cause des restrictions dues au corona. Rania retrouvée dans une impasse professionnelle, la reconversion lui a semblée évidente » ajoute-t-elle.
« J’aime conduire », lance-t-elle avec un sourire qui ne quitte jamais ses lèvres. C’est en 2020 qu’elle a commencé à exercer le métier de chauffeur.
Elle a rempli l’application de travail répondant aux critères, elle s’est trouvée au volant de son taxi sillonnant les rues du Caire pendant 12 heures chaque jour.
‘‘Une bataille et un défi ” pour cette femme de 40 ans qui a vécu un parcours personnel difficile. Elle n’a pas fait face à beaucoup d’opposition dans le choix de son nouveau travail. Elle nous explique comment elle commence sa journée en préparant bien son taxi avant de démarrer.
Elle exprime sa fierté envers son métier, elle exerce un métier où les femmes sont rares. En réussissant à être chauffeuse de taxi, elle compte “rassurer les femmes qui prennent ce genre de transport”. Rania excelle dans son métier, elle nettoie bien sa voiture et essaye de la rendre plus confortable pour que le client se sente à l’aise. Puisqu’elle aime bien son travail, elle est toujours souriante, discrète, elle parle au gens avec courtoisie et respect. Pour elle, la propreté et le confort du véhicule comptent parmi ses priorités, cela représente bien la chauffeuse.
Parmi ses clients, il y avait ceux qui l’ont beaucoup encouragée et d’autres au contraire, annulaient leur trip. Mais tout cela ne l’a pas découragé à poursuivre son chemin. Elle est toujours à l’heure et conduit beaucoup plus prudemment. Déclare notre combattante

Aujourd’hui, son rêve « c’est que toutes les voitures soient conduites par des femmes ! »Au contraire des idées conçues sur la façon avec laquelle les femmes conduisent, elle voit que ces dernières sont plus prudentes et conduisent très bien et il ne faut jamais se laisser manipuler avec les préjugés.
Nos clientes ont désormais la possibilité de choisir, lors de leur commande via l’application, l’option d’être conduites par une femme au volant. Elle raconte qu’un jour elle sauta de joie lorsque son client l’a remercié sur sa façon de conduire et il l’a encouragé à poursuivre son métier qu’elle maîtrise bien. « Chapeau, continue ! » A-t-il dit en me payant

Rania voit que les femmes ne pourraient jamais un jour aboutir à ces postes sans la conviction de la direction politique qui leur a ouvert la voie pour se prouver.
« Que nous soyons homme ou femme, je reste convaincue que nous pouvons parfaitement réussir dans tous les métiers, du moment que nous avons les qualités et les compétences requises pour cela » conclut cette quadragénaire avec un ton sûr et confiant. Maintenant, elle est appelée à conduire des clients spécialement sans qu’ils aient peur.
Rania n’est pas la seule à exercer ce métier pénible. Dina a aussi su s’imposer dans ce monde qui est généralement la chasse gardée des hommes. Aujourd’hui, elle a trouvé sa place parmi l’équipe de chauffeurs que compte cette compagnie de taxis.
Elle explique qu’en ayant un mari compréhensif et fort support pour elle, elle a pu continuer. Il l’aidait à préparer son taxi avant le service. Être maman et chauffeuse de taxi est tout à fait compatible si on sait s’organiser. Selon elle, chauffeuse de taxi est vraiment un métier pour les femmes. Les nouvelles technologies ont révolutionné le métier. Elles permettent d’optimiser le temps de travail, de garantir la sécurité et de maintenir une surveillance à distance de la maison ! Il faut être multitâche », confie Dina




