Abir El-Leithy et Radwa El-Attar, deux femmes animées par la volonté de réussir et de transformer les défis en opportunités, ont choisi de mettre leur expérience au service des autres. Ensemble, elles ont fondé la plateforme Momken, une initiative dédiée à l’accompagnement des femmes qui souhaitent retrouver leur place sur le marché du travail, développer leurs compétences ou lancer leurs propres projets.

À l’occasion de la Journée de la femme égyptienne, nous avons choisi de mettre en lumière cette histoire inspirante qui incarne la détermination et la persévérance des femmes, ainsi que leur capacité à se réinventer et à ouvrir la voie à d’autres.
Partie d’une idée simple, la plateforme s’est progressivement transformée en une véritable communauté rassemblant aujourd’hui des centaines de milliers de femmes. À travers des programmes de formation, de mentorat et d’accompagnement, Momken aide les participantes à acquérir les compétences nécessaires pour intégrer le marché du travail ou créer leurs propres projets.
Dans cette interview, les fondatrices reviennent sur la genèse de cette initiative, les résultats obtenus jusqu’à présent et leur vision pour l’avenir, tout en partageant leur engagement en faveur de l’autonomisation économique des femmes.
Le Progrès Egyptien : Quelle a été la véritable motivation derrière la création de la plateforme « Momken »?
Abir El-Leithy : Au début de mon parcours, je n’avais pas une vision très claire du chemin professionnel que je souhaitais suivre. Je suis diplômée de la Faculté de pharmacie, mais comme beaucoup de jeunes diplômés, j’ai traversé une période de questionnement et d’hésitation quant à la direction à prendre. J’ai essayé différentes expériences professionnelles avant de réussir à trouver ce qui me correspondait réellement.
Vers l’âge de trente ans, j’ai ressenti le besoin de me recentrer et de travailler davantage sur mon développement personnel et professionnel. J’ai alors commencé à suivre de nombreuses formations, à participer à des ateliers et à acquérir de nouvelles compétences. Ce processus d’apprentissage continu m’a permis de mieux me connaître et de définir plus clairement mes objectifs.
Avec le temps et l’expérience, j’ai réussi à clarifier ma vision et j’ai finalement lancé ma première entreprise. Cette étape a été très importante pour moi, car elle m’a permis non seulement de concrétiser mes ambitions professionnelles, mais aussi d’avoir un impact positif en accompagnant et en soutenant de nombreuses personnes.
Avec les années et l’expérience accumulée, j’ai développé une conviction profonde : lorsqu’on atteint un certain niveau d’expérience dans sa carrière, il devient essentiel de transmettre et d’aider les autres. C’est ce qui m’a poussée à réfléchir à des initiatives permettant de soutenir les femmes, notamment celles qui souhaitent développer leurs compétences ou intégrer le marché du travail.
Absolument. Je crois profondément que l’apprentissage est un processus continu. Je participe régulièrement à des formations, des ateliers et des sessions de développement professionnel afin de continuer à évoluer, d’enrichir mes compétences et de rester en phase avec les évolutions du marché.
L.P.E : Beaucoup de femmes estiment qu’il est difficile de réintégrer le marché du travail après l’âge de trente ans. Comment la plateforme Momken tente-t-elle de changer cette perception ?
AEL : Nous essayons de changer l’idée largement répandue selon laquelle la vie professionnelle des femmes devient plus difficile après trente ans. En réalité, de nombreuses femmes ont réussi et ont accompli de grandes réalisations après la trentaine, et même après quarante ans.
Pour nous, l’âge ne doit jamais être considéré comme un obstacle. Le véritable obstacle réside souvent dans notre façon de penser. La question essentielle est : comment pouvons-nous continuer à nous développer et à progresser ?
Le véritable défi est donc le développement personnel : travailler sur soi, se concentrer sur ses points faibles afin de les améliorer. D’ailleurs, nous préférons ne pas les appeler des « points faibles », mais plutôt des points de développement, car ils représentent des opportunités d’apprentissage et d’évolution.
L.P.E : Quelle est la valeur ajoutée de Momken par rapport aux autres plateformes qui proposent des formations ou des opportunités d’emploi ?
AEL : La différence, c’est que nous ne nous contentons pas simplement de proposer des opportunités d’emploi. Il arrive que nous ne puissions pas directement aider une femme à trouver un travail à travers notre plateforme. Cependant, ce que nous faisons, c’est la placer sur un véritable parcours de préparation et de formation.
Nous l’accompagnons pas à pas à travers des programmes de mentorat, de formation et de renforcement des compétences, afin de mieux la préparer au marché du travail. Nous proposons également des cours enregistrés spécialement conçus pour les femmes, qui leur permettent de développer leurs compétences à leur rythme.
C’est précisément cette approche qui nous distingue des autres initiatives sur le marché égyptien, arabe, et même international. Même à l’étranger, très peu d’organisations adoptent une méthode aussi complète et structurée que la nôtre.
L.P.E : Quels sont les résultats les plus marquants que la plateforme a réalisés jusqu’à présent en matière d’autonomisation économique des femmes ?
AEL : Les résultats ont montré que nous avons réussi à aider des centaines de femmes à reprendre une activité professionnelle. Nous accompagnons de nombreuses femmes pour qu’elles puissent retrouver leur voie, acquérir de nouvelles compétences et reprendre confiance en leurs capacités.
Aujourd’hui, nous avons, grâce à Dieu, de nombreuses histoires de succès. Certaines femmes ont pu retourner sur le marché du travail, d’autres ont réussi à redéfinir leur parcours professionnel, et certaines ont même lancé leur propre entreprise.
Beaucoup d’entre elles sont parfois étonnées par les résultats qu’elles parviennent à atteindre. Au final, des centaines de femmes ont pu retrouver une source de revenus, ce qui représente pour nous l’une des réalisations dont nous sommes les plus fiers.


L.P.E : Si vous deviez résumer le message de Momken en une seule phrase à l’adresse de chaque femme qui a perdu confiance en sa capacité à travailler de nouveau, que lui diriez-vous ?
AEL : Si je devais résumer le message de Momken en une seule phrase, ce serait : « Il n’est jamais trop tard. »
L’âge n’a aucun lien avec ce que l’on souhaite accomplir dans la vie, ni avec le moment où l’on décide de poursuivre ses ambitions. L’âge n’est qu’un chiffre, et ce chiffre ne devrait jamais imposer de limites à ce que l’on peut réaliser.
L.P.E : Pouvez-vous nous parler brièvement de votre parcours ainsi que de celui de votre associée ?

AEL : En ce qui me concerne, je vous ai déjà parlé brièvement de mon parcours. Quant à ma partenaire, Radwa Al-Attar, elle a toujours été active sur le plan professionnel et n’a jamais véritablement arrêté de travailler.
Cependant, elle a toujours été convaincue qu’une femme peut parfois ralentir ou prendre du recul dans sa carrière pour se consacrer à d’autres priorités, notamment sa famille et ses enfants. Pour elle, il est tout à fait possible de faire une pause à certaines étapes de la vie, puis de revenir plus tard sur le marché du travail.
Elle croit profondément que le travail ne doit pas toujours être la seule priorité dans la vie d’une femme, car cela peut parfois avoir un impact négatif sur son bien-être. Les priorités évoluent selon les moments de la vie : parfois la famille, le mari et les enfants passent en premier, et à d’autres moments, c’est la carrière professionnelle qui reprend le devant de la scène.





