- Le ministre de l’Aviation civile : La reconnaissance présidentielle envers EgyptAir est une source de fierté pour le secteur
- Le soutien de la direction politique nous encourage à préserver les acquis et à poursuivre sur cette voie
- Le partenariat avec le secteur privé doit créer la meilleure valeur ajoutée pour l’État
- Aucun projet de suppression d’emplois : priorité à la formation et à la qualification des personnels
- Sphinx, Al-Alamein et la Nouvelle Capitale : une capacité portée à 5 millions de passagers par an
- Ahmed Adel : EgyptAir vise une flotte de 200 avions à l’horizon 2035
- Hussein Sherif : Air Cairo portera sa flotte à 80 avions d’ici 2029

La victoire de la compagnie nationale EgyptAir, qui a remporté le titre de « compagnie aérienne ayant enregistré la plus forte progression et amélioration au monde en 2026 », selon le classement mondial de Skytrax, constitue une consécration pour l’ensemble des acteurs de l’aviation civile égyptienne. Elle représente également une reconnaissance internationale confirmant que le secteur, avec EgyptAir en tête, connaît actuellement une phase de redressement, d’excellence et de croissance.
Cette évolution intervient après une période particulièrement difficile, marquée notamment par les répercussions de plusieurs événements politiques et par la pandémie de Covid-19, qui avaient lourdement affecté les différentes compagnies et entités relevant du ministère. Après ces années difficiles, les efforts déployés et le choix de dirigeants disposant de l’expérience et d’une vision claire ont progressivement permis d’inverser la tendance. Les pertes ont ainsi commencé à se transformer en bénéfices dans plusieurs secteurs, tandis que les performances du transport aérien se sont améliorées à un rythme particulièrement rapide, dépassant les attentes.

À cette occasion, le ministre de l’Aviation civile, Sameh Al-Hefni, a échangé en toute transparence avec les journalistes spécialisés lors d’une conférence de presse qui s’est prolongée plusieurs heures. Il a présenté les principales évolutions enregistrées dans le secteur, ainsi que les résultats de la participation égyptienne à la deuxième édition du Salon international de l’aviation et de l’espace d’Al-Alamein 2026. Il a également exposé plusieurs dossiers et projets actuellement en cours, ainsi que les grandes orientations retenues pour le développement et l’expansion du secteur au cours de la prochaine période.
Une reconnaissance présidentielle saluée
En ouverture de la rencontre, Sameh Al-Hefni, ainsi que l’ensemble des professionnels du secteur, ont exprimé leur fierté et leur reconnaissance à la suite des félicitations adressées par le président de la République, Abdel Fattah Al-Sissi, à l’occasion de la performance internationale réalisée par la compagnie nationale EgyptAir.

La compagnie a en effet décroché le titre de « compagnie aérienne ayant enregistré la plus forte progression et amélioration au monde » dans le classement mondial de Skytrax pour 2026. Elle s’est également hissée à la 46e place mondiale, intégrant ainsi le classement des 50 meilleures compagnies aériennes au monde, tout en arrivant en tête dans plusieurs catégories à l’échelle africaine.
Le ministre a souligné que cette reconnaissance présidentielle constituait une véritable source de fierté pour toute la famille de l’aviation civile. Elle témoigne également du soutien et de l’attention accordés au secteur par la direction politique, ce qui renforce la responsabilité de tous les acteurs quant à la préservation des acquis et à la poursuite des efforts engagés.
Il a par ailleurs adressé ses remerciements à l’ensemble des dirigeants du secteur de l’aviation civile, aux présidents des autorités et compagnies relevant du ministère, ainsi qu’à tous les personnels. Il a estimé que les résultats obtenus étaient le fruit de la complémentarité, de la coordination et du travail collectif, saluant les efforts et l’engagement des employés dans les différents sites et fonctions.
Une nouvelle dynamique pour l’aviation

Au cours de la rencontre, le ministre a également présenté les résultats de la participation du secteur au Salon international de l’aviation et de l’espace d’Al-Alamein 2026, qui a connu une importante participation et une forte présence internationale.
Il a salué le succès de cette manifestation, qui a mis en lumière la position de l’Égypte et ses capacités dans les domaines de l’aviation et de l’espace. Il a notamment exprimé sa reconnaissance au ministère de la Défense, représenté par les forces aériennes, ainsi qu’à l’ensemble des parties concernées pour leur coordination et leur organisation efficace, ayant permis au salon de se dérouler dans des conditions à la hauteur du statut de l’Égypte et de ses capacités à accueillir et organiser de grands événements internationaux.
La participation égyptienne a également permis de mettre en évidence l’expertise et les capacités dont dispose le secteur de l’aviation civile, ainsi que les progrès enregistrés dans ses différents domaines d’activité. Elle a notamment débouché sur la conclusion de partenariats, d’accords et de projets stratégiques avec plusieurs grandes entreprises et institutions internationales et régionales.
Les aéroports : Ouverture au secteur privé

La rencontre a également porté sur les orientations de l’État visant à renforcer le partenariat avec le secteur privé dans la gestion, l’exploitation et le développement des aéroports égyptiens, dans le cadre de la coopération avec la Société financière internationale, branche de la Banque mondiale dédiée au développement du secteur privé.
Cette coopération vise notamment à mobiliser des expertises techniques et administratives spécialisées, à améliorer l’efficacité de l’exploitation, à rehausser la qualité des services et à renforcer la compétitivité des aéroports égyptiens sur les plans régional et international.
Sameh Al-Hefni a affirmé que ce partenariat avait pour objectif de générer la meilleure valeur ajoutée possible pour l’État, en tirant parti des compétences et des capacités spécialisées en matière de gestion, d’exploitation et de développement. Il a parallèlement insisté sur le maintien intégral de la propriété publique des actifs aéroportuaires et de la souveraineté de l’État sur ces infrastructures.
Il a ainsi souligné que le recours au secteur privé pour la gestion, l’exploitation et le développement des aéroports ne signifiait nullement leur vente ou l’abandon de leur propriété par l’État. Il s’agit, a-t-il expliqué, d’un cadre permettant de bénéficier d’une expertise spécialisée pour gérer, exploiter et développer les projets, dans le respect des règles et des cadres juridiques en vigueur.
Hurghada, projet pilote
Concernant le projet de gestion, d’exploitation et de développement de l’aéroport international de Hurghada, le ministre a indiqué qu’il constituait le projet pilote de cette nouvelle approche.
Dix consortiums ont présenté leur candidature lors de la phase de présélection. Après examen et étude des dossiers et des documents soumis conformément aux conditions et critères établis, sept consortiums ont été retenus pour accéder à l’étape suivante de la procédure.
La prochaine phase prévoit la transmission aux consortiums présélectionnés du dossier de demande de propositions, ainsi que la définition du calendrier et des modalités de présentation des offres. Cette étape précédera la sélection de l’offre retenue et l’achèvement des procédures d’attribution conformément aux règles en vigueur.
La durée des contrats de gestion et d’exploitation des aéroports confiés au secteur privé devrait atteindre environ 30 ans, après l’obtention des autorisations nécessaires, notamment celle de la Chambre des représentants. Cette durée doit permettre au consortium retenu de disposer d’un horizon suffisant pour mettre en œuvre ses plans de développement et obtenir les rendements escomptés, en fonction de la nature de chaque projet et du volume des investissements nécessaires.
Le consortium chargé de la gestion et de l’exploitation des aéroports devrait être annoncé dans un délai d’environ six à huit mois après la clôture de la phase de présentation des offres, une fois achevées les études et procédures techniques, financières et juridiques nécessaires, puis les opérations de transfert et le lancement de l’exécution du contrat.

« Aucun abandon des personnels »
Sameh Al-Hefni a également tenu à rassurer les personnels du secteur. L’entrée du secteur privé dans la gestion et l’exploitation des aéroports ne signifie pas, a-t-il affirmé, une suppression des emplois actuels.
L’objectif est au contraire de préserver les effectifs et de développer leurs compétences grâce à des programmes de formation, de reconversion et de perfectionnement adaptés aux exigences de l’exploitation moderne. Le ministre a souligné que les personnels demeuraient un élément essentiel et un véritable facteur de sécurité pour l’ensemble du secteur de l’aviation civile.
Le ministère étudie par ailleurs la possibilité de répartir les aéroports susceptibles d’être confiés au secteur privé en plusieurs lots, permettant de lancer chaque ensemble séparément. Cette approche doit assurer un équilibre entre les caractéristiques propres aux différents aéroports, leurs perspectives de croissance et leurs capacités d’exploitation. Elle s’inscrit également dans le prolongement de pratiques internationales déjà appliquées dans le domaine de la gestion aéroportuaire.
Capacité portée à 100 millions de passagers
La réunion a également été consacrée au plan de développement des aéroports égyptiens et à l’augmentation de leurs capacités, avec l’aéroport international du Caire au premier plan.
Le programme prévoit également le développement des aéroports internationaux de Sphinx, d’Al-Alamein et de la Nouvelle Capitale, notamment par l’agrandissement des terminaux et l’augmentation de leurs capacités, qui devraient atteindre près de 5 millions de passagers par an.
Ces projets s’inscrivent dans la stratégie de l’État visant à porter la capacité totale des aéroports égyptiens à près de 100 millions de passagers par an.
Sameh Al-Hefni a par ailleurs insisté sur l’importance de la complémentarité entre les projets de développement aéroportuaire et les différents réseaux de transport, notamment les réseaux de transport rapide et les trains électriques. Cette intégration doit renforcer les liaisons entre les aéroports, les destinations touristiques et les nouvelles villes, tout en favorisant le transport multimodal et en offrant aux voyageurs un parcours plus simple et plus fluide, de leur arrivée à l’aéroport jusqu’à leur destination finale.
EgyptAir vise 200 avions en 2035
Concernant EgyptAir, le président-directeur général d’EgyptAir Holding, le pilote Ahmed Adel, a indiqué que le plan de modernisation et de développement de la flotte prévoyait de porter le nombre d’appareils de la compagnie à environ 125 avions en 2030, puis à près de 200 avions en 2035.
Cette expansion doit soutenir les plans de croissance de la compagnie nationale et renforcer ses capacités opérationnelles.
Ahmed Adel a également annoncé que la compagnie réceptionnerait quatre nouveaux appareils avant la fin de l’année, dont trois Boeing 737 Max et un Airbus A350.
Il a précisé qu’EgyptAir menait actuellement des négociations avec AerCap, spécialisée dans la location d’avions, en vue de louer davantage d’appareils gros-porteurs, sans préciser le nombre d’avions concerné.
Air Cairo : 80 avions en 2029
La rencontre a enfin permis de faire le point sur les développements d’Air Cairo, ses ambitieux projets d’expansion de sa flotte et de son réseau, ainsi que sur son rôle croissant dans le soutien au tourisme international à destination de l’Égypte.
Le président du conseil d’administration d’Air Cairo, Hussein Sherif, a indiqué que la compagnie disposait actuellement d’une flotte de 43 avions. Ses contrats portent par ailleurs sur l’acquisition d’environ 30 nouveaux appareils Airbus A320neo, ainsi que de 68 moteurs, pour une valeur totale dépassant 4,2 milliards de dollars.
Ces investissements traduisent l’ampleur de l’expansion envisagée pour renforcer les capacités opérationnelles de la compagnie au cours de la prochaine période.
Air Cairo ambitionne ainsi de porter sa flotte à environ 80 avions d’ici 2029, dans le cadre d’un plan destiné à accroître ses capacités d’exploitation et à ouvrir de nouveaux marchés et de nouvelles destinations, afin d’accompagner la croissance attendue des flux de voyageurs et de touristes vers l’Égypte.
Hussein Sherif a également présenté les projets de la compagnie à l’aéroport international de Hurghada, qui constitue l’une des plateformes majeures de ses opérations. Parmi ces projets figurent notamment la création d’un centre de formation d’Air Cairo et d’un hangar de maintenance aéronautique, avec la participation d’investisseurs expérimentés.
Ces infrastructures contribueront à renforcer les capacités techniques et de formation de la compagnie, tout en consolidant sa préparation à l’expansion de ses opérations et à l’ouverture de nouveaux marchés et de nouvelles destinations.





