Sous la coupole solennelle du Conseil suprême de la culture, le silence fut rompu par l’écho vibrant d’un mot tant attendu : reconnaissance. En ce mois de juillet 2025, le ministre de la Culture, Dr Ahmed Fouad Hano, a levé le voile sur les noms des lauréats des plus hautes distinctions culturelles égyptiennes : les prestigieuses Prix d’État — Nile, d’excellence et de mérite — accordées à celles et ceux qui, par leur plume, leur regard ou leur pensée, ont façonné le visage intellectuel et artistique de la nation.
Des noms gravés dans la mémoire collective
À l’issue de la 72e session du Conseil, présidée par le ministre lui-même, le palmarès dévoilé a donné chair à l’histoire de l’art et de la pensée. Les Prix du Nil 2025, considérés comme les joyaux de la distinction égyptienne, ont ainsi été attribués à des figures dont la contribution dépasse les frontières nationales :
· En arts, l’architecte Dr. Saleh Lam‘i, sculpteur d’espaces et bâtisseur de mémoire.
· En littérature, Dr. Ahmed Darwish, dont les mots résonnent comme une élégie à la langue arabe.
· En sciences sociales, Dr. Ahmed Zayed, analyste subtil des dynamiques humaines.
· Et pour la création arabe, un hommage émouvant a été rendu à l’artiste palestinien Suleiman Mansour, chantre des douleurs et espérances de sa patrie.
Une mosaïque de talents honorée
Dans un souffle tout aussi vibrant, les Prix d’État de mérite ont célébré des parcours entiers dédiés à l’art de penser, de créer, d’émouvoir.
En arts, ont été distingués :
· Chaker Abdel Latif, metteur en scène de théâtre,
· Abdel Wahab Abdel Mohsen, artiste plasticien,
· Samir Farag, chef opérateur, maître de lumière et d’ombre.
En littérature, les voix profondes d’Ahmed El-Shahawi, poète du silence, Dr. Khairy Douma, érudit du mot, et Fatma El-Maadoul, conteuse des cœurs, ont été saluées.
En sciences sociales, les travaux d’Anas Gaafar, Mohamed Sameh Amr, Mona Haggag, et Nevine Massaad ont été honorés pour leur regard aiguisé sur les structures du réel.
La délicatesse de l’excellence
Quant aux Prix d’État pour l’excellence, ils sont venus rappeler que l’engagement discret et constant mérite tout autant d’être applaudi. Ainsi, en arts, ont été récompensées Nazly Madkour, artiste des matières subtiles, et à titre posthume, la pianiste et pédagogue Dr. Moshira Issa, dont les notes continuent de résonner dans l’âme égyptienne.
En littérature, Massoud Shoman et Dr. Khaled Aboul-Leil ont été reconnus pour leur écriture enracinée dans le verbe populaire et la mémoire collective.
Enfin, en sciences sociales, Dr. Sameh Fawzi, Dr. Attia Tantawi, et Dr. Nahla Imam ont été distingués pour leurs recherches fécondes au service de la société.
Un hommage à la hauteur des œuvres
Le ministre de la Culture a annoncé qu’une grande cérémonie de célébration sera organisée à l’Opéra du Caire pour rendre hommage à ces lauréats, en présence des membres du Conseil, des ministres associés, et des figures du monde intellectuel. Ce rendez-vous, à la fois solennel et vibrant, sera l’occasion d’honorer ceux qui, par l’encre ou la pierre, la scène ou la pensée, ont contribué à l’élévation de l’esprit national.
Le Dr Ahmed Hano a souligné que ces prix ne sont pas de simples distinctions, mais des actes de foi en la culture, en l’identité, et en la lumière que projettent les créateurs. « Ils rappellent que la pensée et l’art ne sont pas un luxe, mais une nécessité. Chaque lauréat incarne un fragment de notre conscience collective, un éclat de ce miroir dans lequel l’Égypte regarde son âme. »
Un souffle pour l’avenir
Au-delà des hommages, le Conseil a discuté de réformes profondes visant à renouveler ses structures, encourager les jeunes talents, et adapter ses mécanismes à la scène culturelle contemporaine. Avec plus de 100 colloques, 35 conférences et 138 événements organisés cette année, le Conseil suprême s’affirme comme un cœur battant de la vie intellectuelle égyptienne.
En célébrant ces lauréats, l’Égypte ne rend pas seulement justice à leurs œuvres. Elle inspire les générations à venir, leur montrant que la beauté, la rigueur et l’engagement peuvent être reconnus, portés, transmis.