Au son délicat de la harpe, le ministre égyptien du Tourisme et des Antiquités, M. Chérif Fathi, a inauguré un musée de reproductions des trésors du jeune roi Toutânkhamon, au sein du pavillon égyptien du Salon international du tourisme FITUR 2026, à Madrid. Cet événement marque la participation active de l’Égypte à la 46ᵉ édition du salon, qui se poursuit jusqu’au 25 janvier, et met en lumière l’attrait croissant du marché espagnol pour le tourisme culturel égyptien.
L’inauguration s’est déroulée en présence de l’ambassadeur d’Égypte en Espagne, Ihab Badawi, du Dr Ahmed Youssef, PDG de l’Autorité générale égyptienne pour la promotion touristique, ainsi que de responsables gouvernementaux espagnols et de nombreux ambassadeurs arabes et internationaux. Le pavillon égyptien a également accueilli des représentants du secteur touristique local, dont M. Mohamed Ayoub, président de la Chambre des établissements hôteliers, et plusieurs opérateurs de voyages égyptiens.
Ce musée éphémère, reproduisant certaines salles du futur Musée égyptien grandiose, s’étend sur 418 m² et est organisé en deux espaces reliés par un couloir de 7 mètres de large. Il expose 54 répliques fidèles des objets les plus emblématiques de Toutânkhamon, conçues par l’entreprise “Trésors d’Égypte” : le trône royal, le sarcophage doré, le masque funéraire en or, la statue du Ka, le siège des cérémonies et de nombreuses parures et pièces d’orfèvrerie. L’exposition avait déjà rencontré un succès éclatant lors du WTM, soulignant l’émerveillement que suscite la civilisation égyptienne ancienne.
Après l’inauguration, un cocktail culturel a été organisé dans le pavillon, où les invités ont pu savourer des spécialités égyptiennes traditionnelles comme le koshari, inscrit sur la liste du patrimoine immatériel mondial de l’UNESCO, le karkadé et la mhalabia, tandis que des acteurs vêtus de costumes pharaoniques incarnaient le faste de l’Égypte ancienne.
Toutânkhamon : Le roi doré et son héritage éternel
Le roi Toutânkhamon est né vers 1341 av. J.-C., probablement sous le nom d’origine Toutânkhaton, fils d’Akhenaton et d’une épouse secondaire, souvent identifiée comme la reine Kiya. Monté sur le trône à environ neuf ans, il régna pendant dix ans, jusqu’à sa mort vers 1323 av. J.-C.. Son règne se situe à la 18ᵉ dynastie du Nouvel Empire, une période de grande richesse culturelle et artistique, marquée par des bouleversements religieux liés à l’Atonisme, l’adoration du disque solaire introduite par son père Akhenaton.
L’un des faits les plus marquants de son règne fut le retour progressif au culte traditionnel des dieux égyptiens, orchestré avec l’aide de ses conseillers, notamment Ay et Horemheb, qui occupaient des postes influents dans l’administration et la religion. Toutânkhamon a ainsi consolidé le culte d’Amon tout en adoptant des réformes religieuses modérées pour stabiliser l’Égypte après l’ère tumultueuse d’Akhenaton.
Bien que son règne ait été bref et peu documenté sur le plan politique, Toutânkhamon est devenu une figure universelle grâce à la découverte intacte de sa tombe en 1922 par Howard Carter dans la Vallée des Rois (KV62). Sa sépulture a révélé plus de 5 000 objets funéraires, dont le fameux masque en or massif, les sarcophages superposés, le trône en bois doré, le lit funéraire, le mobilier cérémoniel, les bijoux, et le petit char doré, qui témoignent d’un artisanat et d’une richesse incomparables. Ces trésors ont offert un éclairage sans précédent sur l’art, la religion et la vie quotidienne de l’Égypte ancienne.
Les analyses modernes, y compris les études génétiques et radiologiques de sa momie, ont permis de mieux comprendre sa santé et sa famille : Toutânkhamon souffrait de certaines malformations, peut-être héréditaires, et son décès reste entouré de mystère, avec des hypothèses allant d’un accident à des complications médicales liées à des maladies génétiques. Il reste cependant un symbole universel de la jeunesse et de la grandeur pharaonique, un roi dont le nom est devenu synonyme de l’Égypte ancienne dans l’imaginaire collectif mondial.
Enfin, l’héritage culturel et touristique de Toutânkhamon demeure immense : chaque reproduction, exposition ou musée consacré à son règne contribue à la promotion de l’Égypte à l’international et à la valorisation de son patrimoine immatériel et matériel. Le FITUR 2026, à travers le musée de reproductions inauguré à Madrid, illustre parfaitement comment l’histoire et la modernité peuvent se rencontrer, permettant au monde entier de contempler la magnificence d’un roi qui a régné il y a plus de trois millénaires mais qui continue de fasciner le présent.





