Jamais un pays n’aura autant mérité son surnom — le « cimetière des empires ». Après avoir chassé les Moghols et les Perses, l’Afghanistan a bouté hors de son territoire le Royaume-Uni au XIXe siècle, l’Union soviétique au XXe et les États-Unis au XXIe, explique Lemonde Diplomatique dans son édition publié au mois de Septempbre 2021.
Au terme de la guerre la plus longue de leur histoire — deux décennies —, et après avoir enrôlé dans leur croisade pas moins de trente-huit pays sous le commandement de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), les États-Unis se retirent sur un fiasco absolu. Fort symboliquement, leurs troupes partent dans un sauve-qui-peut général, à l’approche du vingtième anniversaire des attentats du World Trade Center et du Pentagone, qui furent le prétexte à leur entrée dans Kaboul. Annoncé par l’ex-président Donald Trump pour mai 2021, le retrait a été mis en œuvre par M. Joseph Biden avec à peine quelques mois de retard.
Un de leurs prédécesseurs, M. George W. Bush, à l’origine de ce qui devait être une « opération-éclair », criait pourtant victoire après la chute du régime des talibans, fin 2001 : l’Amérique était vengée. Il ne restait plus qu’à construire un État (state-building) le plus conforme possible aux projets américains. Une tâche à la portée de la première puissance mondiale, qui avait su terrasser l’ennemi communiste et qui, forte de ses « valeurs démocratiques », pouvait s’arroger le rôle de défenseur en chef des libertés sur la planète.




