– Routes, rail, ports et Sinaï : L’Egypte revendique une modernisation sans précédent de ses infrastructures
Le ministère égyptien des Transports met en avant le bilan de douze années de modernisation des infrastructures engagées depuis 2014, qu’il présente comme un levier majeur du développement économique et territorial. Routes, chemins de fer, ports et grands projets dans le Sinaï illustrent, selon les autorités, une stratégie visant à renforcer la connectivité du pays, améliorer la mobilité et consolider la place de l’Egypte comme plateforme logistique régionale.
Par Névine Ahmed
Depuis juin 2014, l’Egypte affirme avoir engagé un changement stratégique majeur en faisant du secteur des transports non plus un simple service public, mais un véritable moteur de développement économique et territorial. Douze années d’investissements et de chantiers sont aujourd’hui retracées dans un film documentaire intitulé “Un nouveau cap”, présenté par le ministère des Transports comme le témoignage d’une transformation sans précédent ayant permis de mieux relier les différentes régions du pays et de renforcer la position de l’Egypte sur la carte mondiale de la logistique.

Le ministère met notamment en avant une profonde modernisation du réseau routier. Le projet national des routes, qui s’étend sur plusieurs milliers de kilomètres, a permis de relier les gouvernorats entre eux, réduisant les temps de trajet, améliorant la sécurité routière et facilitant les échanges commerciaux à l’intérieur du pays comme avec l’étranger. Parallèlement, des dizaines de ponts et d’axes transversaux ont été construits, notamment au-dessus du Nil, afin de relier les deux rives du fleuve, de fluidifier les déplacements des habitants et de réduire les temps de parcours.
Le secteur ferroviaire et celui des transports électriques ont également connu une transformation majeure. Les autorités soulignent avoir modernisé l’ensemble du parc ferroviaire, avec l’introduction de nouvelles rames de la série “Tahya Misr”, destinées à améliorer les services offerts aux voyageurs dans les différentes régions du pays. En parallèle, le lancement progressif du réseau de train à grande vitesse électrique est présenté comme une étape historique pour le système de transport égyptien. Ce projet s’ajoute au développement du monorail et du train léger électrique (LRT), destinés à relier les nouvelles villes à l’agglomération du Grand Caire et à offrir des moyens de transport modernes, rapides et respectueux de l’environnement.
Les infrastructures portuaires figurent également parmi les priorités mises en avant par le gouvernement. Les ports maritimes et terrestres, notamment ceux d’Alexandrie, de Damiette et de Sokhna, ont fait l’objet d’importants travaux de modernisation afin de les transformer en plateformes logistiques de dimension internationale. Selon le ministère, cette stratégie vise à renforcer les échanges commerciaux, stimuler les exportations et les importations, attirer les investissements étrangers et améliorer l’efficacité des opérations grâce au recours aux systèmes de transport intelligents, qui ont permis de réduire sensiblement les délais de dédouanement.

Le développement de la péninsule du Sinaï occupe une place particulière dans cette stratégie nationale. Le ministère présente la future ligne ferroviaire reliant El-Ferdan, Port-Saïd-Est, Bir Al-Abd, Al-Ariche et Taba comme un véritable « corridor de l’espoir », destiné à connecter durablement le Sinaï à la vallée du Nil et au delta. Cette infrastructure doit accompagner les grands projets de développement engagés dans le nord du Sinaï tout en facilitant les déplacements des habitants grâce à des tarifs subventionnés.
En conclusion, le ministère des Transports estime que ces réalisations dépassent le simple cadre de la construction d’infrastructures. Elles s’inscrivent, selon lui, dans une vision globale visant à améliorer la qualité de vie des citoyens, soutenir la croissance économique et consolider le rôle régional et international de l’Égypte en tant que plateforme majeure du commerce et du transport. Les autorités attribuent ces résultats à une volonté politique affirmée, à une planification de long terme et aux efforts déployés par les travailleurs égyptiens au cours des dernières années pour mener à bien ces projets structurants.





