Un responsable européen : la suspension de l’accord d’association avec Israël suscite des divisions
Dans une évolution notable, la scène politique européenne connaît une nouvelle dynamique après l’appel, dimanche, du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez à mettre fin à l’accord d’association avec Israël.
Les tensions entre Madrid et Tel-Aviv se sont accentuées lundi, après l’annonce par l’Espagne du rappel de son ambassadrice en Israël pour consultations, à la suite d’un échange de déclarations virulentes, provoqué par les mesures annoncées par le chef du gouvernement espagnol pour mettre fin à ce qu’il a qualifié de « génocide à Gaza ».
Un sujet de division
La suspension de l’accord d’association avec Israël représente, selon le conseiller de la Commission européenne Dr Mohyeddine El Shahimi, un tournant vers l’usage d’outils économiques à fort impact. Il a souligné que l’initiative espagnole s’inscrit dans une dynamique progressive des positions de Madrid au sein de l’UE, notamment après l’évolution de la situation à Gaza et au Liban.
Dans des déclarations à « Al Qahera News », il a indiqué que cette démarche reflète l’intensification des pressions politiques et diplomatiques européennes sur Tel-Aviv.
Le responsable européen a ajouté que l’initiative espagnole, y compris la reconnaissance de la Palestine, fait partie d’un effort plus large en faveur de la solution à deux États, mené par plusieurs pays européens en coordination avec des partenaires internationaux. Il a toutefois précisé que ce dossier reste profondément divisé au sein de l’Union européenne entre pays du Nord et du Sud.
Il a également expliqué que la révision ou la suspension de l’accord avec Israël constituerait un changement majeur vers l’utilisation d’instruments économiques, malgré la complexité du sujet, Israël étant un partenaire commercial important de l’Europe dans le cadre d’un accord datant des années 1990 et offrant de larges avantages d’accès au marché européen.
Appel d’experts de l’ONU
Des experts des Nations unies ont appelé lundi l’Union européenne à suspendre immédiatement son accord d’association avec Israël, qu’ils décrivent comme ayant accordé à Israël des privilèges d’accès au marché européen depuis 2000, malgré des violations des droits humains documentées, ayant atteint selon eux le niveau de crimes graves, y compris le génocide.
Ils ont affirmé que l’UE fait face à un test moral décisif lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères à Luxembourg, mardi, pour examiner une suspension totale ou partielle de l’accord, dans un contexte de pressions populaires croissantes en Europe.
Ils ont également rappelé qu’une initiative citoyenne européenne appelant à la suspension complète de l’accord a déjà recueilli plus d’un million de signatures.
Selon eux, l’UE ne peut pas prétendre défendre les droits humains tout en maintenant des relations commerciales préférentielles avec un État dont plusieurs instances internationales estiment que les actions constituent des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et un génocide.
Mesures espagnoles contre la guerre à Gaza
En juin 2025, Pedro Sánchez a annoncé de nouvelles mesures visant à « mettre fin au génocide à Gaza » et à poursuivre ses auteurs, ainsi qu’à soutenir la population palestinienne. Ces mesures incluent un embargo sur la vente d’armes à Israël et l’interdiction pour les navires transportant du carburant destiné à l’armée israélienne d’utiliser les ports espagnols.
Le gouvernement espagnol prévoit également de légaliser cet embargo sur les armes, déjà appliqué depuis octobre 2023. Il interdit en outre l’entrée sur le territoire de personnes impliquées dans des violations des droits humains à Gaza, et bannit l’importation de produits issus des colonies israéliennes illégales.
Soutien à l’UNRWA et à la Palestine
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a annoncé une augmentation du soutien financier à l’UNRWA de 10 millions d’euros, ainsi que 150 millions d’euros d’aide humanitaire pour Gaza.
Il a également confirmé la suspension du commerce des armes avec Israël, le soutien à la reconnaissance de l’État palestinien et l’interdiction des produits des colonies israéliennes, tout en renforçant le soutien financier à l’Autorité palestinienne.
Le Premier ministre Pedro Sánchez reste l’une des voix européennes les plus critiques envers Israël, qui avait rappelé son ambassadeur de Madrid après la reconnaissance par l’Espagne de l’État de Palestine en mai 2024.
Source: AlQahera News





