Ces jours-ci, le peuple égyptien célèbre le 48e anniversaire de la glorieuse victoire d’Octobre, au cours de laquelle nos vaillantes Forces armées ont récupéré la terre turquoise du Sinaï de l’occupation israélienne. Aujourd’hui, nous vous dévoilons la série dramatique la plus importante qui a documenté cette victoire historique en relatant les détails qui ont eu lieu avant la guerre à travers la victoire et ses conséquences.
Des œuvres sont déjà au menu cette année, dont une part privilégiée est consacrée pour affirmer et soutenir le soft power égyptien, étant donné que les chaînes satellites égyptiennes passent nombre de séries à coloration « patriotique », mettant notamment en scène la guerre égyptienne contre le terrorisme et le fanatisme religieux, aux côtés des épisodes édifiants de l’histoire politique égyptienne.
Depuis des années, et faute de capitaux, la production cinématographique égyptienne avait cédé le terrain aux productions du drame télévisé, qui avait pris alors le relais, puisque ce dernier est devenu en quelques années un véritable outil de « soft power ». Ainsi, le drame a réussi — et continue de réussir — à retrouver son éclat en raison de l’importance de son rôle dans la reconstruction de l’identité nationale, à travers des contenus intellectuels, patriotiques et artistiques de valeur, afin d’armer moralement la jeune génération et la construire avec des outils qui valorisent et renforcent leur esprit patriotique.

Rafaat Al-Haggane
L’une des œuvres les plus célèbres ayant suivi les événements de la guerre d’Octobre, la série « Raafat Al-Haggane », extraite des fichiers du renseignement égyptien, raconte la biographie de l’espion égyptien Rifaat Ali Souleiman Al-Gammal, connu sous le nom de « Raafat Al-Haggane », qui a été planté au sein de la société israélienne pour espionner pour le compte du renseignement égyptien. Il a eu un rôle efficace dans la préparation de la guerre d’Octobre, avec Mahmoud Abdel Aziz, Youssef Chaabane et Yousra, et réalisé par Yahya El-Alami.
« Le Choix » histoire d’héroïsme
Si l’année dernière, le feuilleton Al-Ikhtiyar (Le choix) a réussi à rassembler la grande majorité du public égyptien et arabe autour de lui, pour affirmer une fois de plus l’importance de la puissance douce dans les batailles actuelles, celles de la « quatrième génération » visant les esprits, les dramaturges ont fait sortir ce Ramadan leur artillerie lourde, afin de cibler esprits et émotions à travers trois séries télévisées qui représentent un modèle concret du soft power égyptien face à l’idéologie extrémiste, au terrorisme et à l’absentéisme : Al-Ikhtiyar 2 (Le choix 2), Al-Qahira-Kaboul (Le Caire-Kaboul), Hagma Mortadda (contre-attaque).
Commençons par le plus attendu et le plus controversé : le feuilleton Al-Ikhtyar 2 : Régal Al-Zel (Le choix 2 : les hommes de l’ombre). Suite au succès impressionnant de la première saison de cette télésérie, avec son récit patriotique bourré de suspense, d’actions et d’héroïsme, retraçant le parcours du colonel Ahmad Saber Al-Mansi, l’un des héros des Forces armées égyptiennes, il s’agit là, dans cette deuxième saison, d’une série d’aventures et d’actes héroïques signés, cette fois, par les officiers et gendarmes de la Police égyptienne contre les terroristes.
Le président Al-Sissi a tenu à honorer l’équipe de cette oeuvre patriotique qui a bien reflété la bravoure des Forces armées.
Contre-attaque, histoire de bravoure

Quant à la troisième série, ou plutôt la troisième arme du soft power égyptien au Ramadan 2021, il s’agit du téléfeuilleton Hagma Mortadda (contre-attaque), basé sur des faits véridiques tirés des dossiers des renseignements égyptiens.
L’histoire de bravoure assez contemporaine, visant à transmettre le message que la bataille est fondamentalement une bataille de conscience.
Al-Mamar, un film de guerre jamais vu

Il a créé le buzz, depuis sa sortie, le 4 juin 2019 en Egypte, et un mois
après dans le monde arabe. « Al-Mamar », ou « Le Passage », signé Chérif Arafa, traite, sous un angle humain, de la guerre des Six-Jours en 1967 qui opposa l’Égypte, la Syrie et la Jordanie à Israël. Un film de guerre jamais vu depuis plus de trente ans dans le 7e art égyptien.
Si l’histoire était à refaire ?!
Ce qui est intéressant dans ce film qui s’apparente à une superproduction hollywoodienne (et pourquoi pas?), c’est qu’il traite de ce cauchemar qu’ont vécu les soldats égyptiens, cette blessure restée béante et cette défaite, d’une manière très humaine.
Au fil de l’action, on voit l’armée égyptienne enregistrer une série de petites victoires qui ont conduit de nouveau à la guerre d’Octobre 1973.
Bref, un brin propagandiste, «Al-Mamar» a suscité la curiosité des aînés qui ont vécu la guerre des «Six jours» mais aussi celle des jeunes égyptiens ne l’ayant pas vécue et qui, plus est, n’ont aucune connaissance de cette guerre d’usure.
Un film dans l’air du temps «politique» qui domine, actuellement, au pays des Pharaons.
Al-Mamar est un retour en arrière sur la guerre, un éclairage sur tous ces événements qui expliquent les rapports Israël-Palestine, efficace pour les grands et les plus jeunes, et surtout une bonne dose d’adrénaline que provoquent ces scènes d’action très bien orchestrées et dignes des grandes productions hollywoodiennes.
Enfin, «Al-Mamar» traite des raisons de la défaite au Sinaï et du traumatisme causé aussi bien chez la population égyptienne que les forces de l’armée : «un terrible cauchemar». Or, justement, cet opus vise à transcender ce sentiment de défaite et à dépasser cet échec en véhiculant l’idée que cette défaite n’est pas advenue suite à une guerre classique mais à une succession d’erreurs, très graves, d’évaluation et d’appréciation sur plusieurs plans, notamment les renseignements.




