Par : Samir Abdel Ghany

Une journée a été annoncée pour peindre devant le public un tableau du grand artiste Waguih Yassa, en marge du vernissage de sa dernière exposition à la salle Passion au bateau « Le Pacha » à Zamalek.
Les gens se sont rassemblés dans la salle une heure avant l’heure précise, attendant la venue de l’artiste. Yassa entre et pose ses outils sur une petite table et pose le tableau sur le chevalet. Un silence terrible règne dans la salle, et de la musique classique se fait entendre en arrière-plan.
Les coups de pinceau sur la surface de la toile commencent à avoir un son de musique… A chaque ligne et tache de couleur, les gémissements de ceux qui sont assis en attendant la naissance de la nouvelle œuvre se font entendre.
Les coups de pinceau font le bruit de la pluie sur une surface lisse. Les taches de couleur en surface annoncent qu’un bien arriverait. Petit à petit, apparaissent des instrumentistes qui se cachent derrière les coups de pinceau et l’intensité des couleurs.
Dr Taher Abdel-Azim s’est entretenu avec l’artiste pour qu’il explique au public les démarches qu’il entreprend. Le grandissime Waguih a commencé à faire savoir, avec amour et sincérité, qu’il n’avait pas d’idée préalable ni de croquis préparatoire.
« Je me déplace à travers mon sentiment intérieur…. Je sens qu’il y a des musiciens qui présentent une merveilleuse mélodie et qu’il y a un maestro au loin qui dirige la troupe. » Explique notre artiste
« Je ne les dessine pas et je ne suis pas leur imagination, je suis juste heureux avec eux et heureux d’être dans leur monde. Je ressens la magie de la musique qui se transforme progressivement en un groupe de couleurs qui éveillent la curiosité de celui qui la regarde et l’attire dans son univers. »
Le tableau prend forme et devient une mélodie complète. Ici les cris de la foule s’élèvent, demandant à l’artiste de signer l’œuvre.



Une des idées du jour était que notre amie créatrice Iman Khattab fasse une lecture de l’exposition et dise son avis sur la nouvelle peinture. A vrai dire, elle a parlé de l’importance de la critique de l’œuvre, du développement de la créativité de l’artiste et de l’héroïsme de l’œuvre qui ressemble à une pièce de théâtre.

Elle a souligné l’intérêt de l’artiste pour le monde de la musique et l’importance du rythme, qui le relie aux coups de pinceau et au choix de la couleur, et que chaque couleur est un rythme. Elle a ajouté que le rythme de l’artiste diffère de celui de l’occident, et que Waguih a un rythme oriental lié à la réalité de sa vie en Egypte.
Même s’il a vécu des années au Canada, son deuxième pays, son pinceau conserve le quart de ton, ce qui donne à ses œuvres l’empreinte orientale.
Elle a poursuivi que l’artiste Waguih Yassa a beaucoup d’idées dans sa tête, il ne prépare pas le travail… Il le fait d’une manière très professionnelle, qui est liée étroitement à son expérience et son expertise dans le dessin. Les lignes de toute œuvre d’art ont un sens rythmique du mouvement et ses ondulations dans l’œuvre. La plume de Waguih danse sur le tableau, joue et présente dans chaque œuvre une partie de l’âme de l’artiste. C’est pourquoi chaque tableau artistique est une énergie d’amour à l’infini.





