Des vestiges récupérés dans la Méditerranée pour la première fois en 25 ans. Les vestiges d’Alexandrie ne sont pas seulement des objets : ce sont des histoires gravées dans la pierre, des échos d’un monde perdu. Ils nous rappellent que, même sous les vagues, l’histoire continue de parler à ceux qui savent écouter. Dans une découverte archéologique majeure, des vestiges datant de l’Antiquité ont été extraits des profondeurs de la mer Méditerranée, au large d’Alexandrie. Il s’agit de la première récupération d’objets sous-marins dans cette région depuis un quart de siècle. Ces vestiges, témoins d’une époque révolue, offrent un aperçu fascinant sur les civilisations qui ont prospéré autour de cette mer stratégique, autrefois cœur du monde méditerranéen antique. Ces trois statues constituent un voyage à travers le temps : de l’apogée des pharaons à l’empreinte ptolémaïque, jusqu’à l’influence romaine. Elles rappellent que l’Égypte fut, et demeure, un carrefour de civilisations.


Une journée historique à Alexandrie, la perle de la Méditerranée. Fidèle à son habitude, l’Égypte célèbre la Journée du patrimoine culturel subaquatique en dévoilant des objets et trésors précieux récupérés dans les profondeurs de la Méditerranée et en les transportant efficacement jusqu’au théâtre romain de Kom el-Dikka, marquant ainsi un moment historique qui a captivé l’attention du monde entier.
Imaginez un monde où des cités entières dorment sous les vagues, leurs secrets scellés par des siècles d’oubli. Au large d’Alexandrie, dans les eaux scintillantes de la baie d’Aboukir, des plongeurs viennent de ramener à la lumière des vestiges vieux de plus de 2 000 ans. Ces trésors, appartenant à une époque où les pharaons, les Ptolémaïques et les Romains régnaient, offrent un aperçu fascinant d’un passé englouti. Des statues royales, un quai antique et des bassins taillés dans la roche émergent des profondeurs, révélant l’histoire d’une civilisation perdue.
Des fragments d’une histoire engloutie
Les découvertes récentes au large d’Alexandrie ne sont pas de simples objets : elles sont les fragments d’une histoire engloutie. Dans la baie d’Aboukir, les archéologues ont mis au jour des vestiges qui pourraient appartenir à une extension de l’ancienne cité de Canope, un centre majeur sous la dynastie ptolémaïque, puis sous l’Empire romain. Ces ruines, immergées à la suite de séismes et de la montée des eaux, témoignent de la grandeur d’une époque révolue.
Les grues ont délicatement hissé des statues, des ancres en pierre et même les restes d’un quai de 125 mètres, utilisé jadis par de petites embarcations. Chaque pièce, soigneusement sélectionnée, raconte une histoire.
Les pièces les plus remarquables incluent des statues fragmentées, comme une figure ptolémaïque en granite sans tête ou les jambes d’un noble romain sculpté dans le marbre. Ces œuvres, bien que brisées, portent les marques d’un artisanat exceptionnel. Leur état fragmentaire n’enlève rien à leur valeur : chaque fissure, chaque détail sculpté, est un témoignage du savoir-faire des anciens artisans.
Trois vestiges importants ont été récupérés : une statue colossale en quartz en forme de sphinx portant le cartouche du roi Ramsès II, une statue en granit d’une personne inconnue de la fin de la période ptolémaïque avec un cou et des genoux cassés, et une statue en marbre blanc d’un noble romain.
Cet événement transmet au monde entier un message fort : l’Égypte est un grand pays, capable de préserver son riche patrimoine et de renforcer son image touristique internationale. En témoignent son succès, qui a attiré environ 15,8 millions de touristes l’année dernière, et ses efforts continus pour en attirer davantage à l’avenir.
Dans son discours à cette occasion, le ministre du Tourisme et des Antiquités, Chérif Fathi, a exprimé sa profonde gratitude et sa reconnaissance à tous ceux qui ont contribué à l’achèvement de cette œuvre exceptionnelle, saluant les efforts déployés pour mettre en lumière ces vestiges uniques des profondeurs de la Méditerranée.
Il a également apprécié le soutien important que les antiquités reçoivent de la part de la direction politique, soulignant que l’intérêt et le soin de l’État pour les antiquités et le patrimoine égyptiens ont contribué de manière significative à préserver l’identité culturelle de l’Égypte et à protéger son patrimoine humain unique.
Le gouverneur d’Alexandrie, Ahmed Khaled Hassan Saeed a souligné que l’annonce d’aujourd’hui d’une nouvelle découverte archéologique dans la région d’Abou Qir n’est pas simplement une découverte d’objets rares, mais plutôt une véritable restauration d’une partie de notre grande histoire et un ajout précieux au patrimoine culturel de l’Égypte, transmis de génération en génération.

Il a souligné que notre fierté du passé est à la hauteur de notre fierté du présent, à la lumière de l’attention particulière que le président Abdel Fattah Al-Sissi accorde au gouvernorat d’Alexandrie, à travers la mise en œuvre de grands projets nationaux, parmi lesquels le projet de métro d’Alexandrie (train d’Abou Qir) et le port d’Abou Qir, qui constituent un pilier fondamental dans le développement des infrastructures et le soutien au processus de développement durable dans le gouvernorat.
Dr Mohamed Ismail Khaled a souligné l’importance exceptionnelle du site archéologique d’Abou Qir, véritable témoignage vivant de la grandeur, de l’histoire et de la civilisation antique de l’Égypte. Il a expliqué que la récupération des vestiges en Méditerranée intervient 25 ans après la dernière opération similaire en Égypte depuis la signature de la Convention de l’UNESCO sur la préservation du patrimoine culturel subaquatique en 2001.
Le secrétaire général du Conseil suprême des antiquités a indiqué que cette opération de sauvetage constitue une étape cruciale dans le cadre du projet national adopté par l’Égypte pour développer la baie d’Abou Qir. Une équipe d’inspecteurs des antiquités du Conseil suprême des antiquités a travaillé avec succès sous l’eau et a mis au jour des bâtiments fixes et mobiles submergés depuis des siècles, peut-être à la suite de changements géologiques ou de tremblements de terre qui les ont fait sombrer sous la Méditerranée.
Le site où les vestiges ont été retrouvés constitue l’une des découvertes archéologiques les plus importantes réalisées lors des précédentes campagnes archéologiques dans la partie occidentale d’Abou Qir. La zone recèle encore des secrets qui révèlent de nouveaux chapitres de la civilisation de « l’Égypte engloutie » sous les eaux de la Méditerranée.
Des études ont confirmé que le site représente une véritable cité romaine, comprenant des bâtiments, des temples, des citernes et des viviers, ainsi qu’un port et des docks antiques. Cela suggère qu’il s’agit d’une extension du côté ouest de la célèbre cité de Canope, dont une partie avait été découverte précédemment dans la partie orientale de la région.
Les preuves révèlent également une continuité culturelle à travers plusieurs époques, notamment l’Égypte ancienne, l’époque ptolémaïque, l’époque romaine, byzantine et l’époque islamique.
Les recherches ont également permis de découvrir un grand nombre de preuves archéologiques importantes, notamment des amphores portant des sceaux pour des marchandises et des dates de leur construction, les restes d’un navire commercial chargé de noix, d’amandes et de noix, et contenant une balance en cuivre qui servait à mesurer.
Outre les statues royales et les sphinx, on y trouve une collection de statues d’oushabti, d’ancres en pierre et de pièces de monnaie des époques ptolémaïque, romaine, byzantine et islamique, ainsi que des récipients et des plats en poterie, des aquariums et un quai de 125 mètres de long.
Ce dernier utilisé sous l’Empire romain et byzantin, émerge comme un témoin silencieux des échanges commerciaux qui animaient la région.





