Un linteau de l’époque de Ramsès II et de nouveaux vestiges révèlent les secrets du temple d’Horus







Dans le cadre des efforts déployés par le ministère du Tourisme et des Antiquités, représenté par le Conseil suprême des antiquités, pour documenter les sites archéologiques situés sur les frontières orientales de l’Égypte et mettre en lumière le tracé historique de la Route militaire d’Horus, la mission archéologique égyptienne opérant sur le site de Tell Abou Seïfi, dans la ville d’Al-Qantara-Est, gouvernorat d’Ismaïlia, est parvenue à plusieurs résultats scientifiques importants au cours de la campagne de fouilles de cette année. Ces découvertes apportent un nouvel éclairage sur l’histoire du site ainsi que sur son évolution architecturale et militaire à travers les différentes périodes historiques.
Le ministre du Tourisme et des Antiquités, Chérif Fathy, a souligné que ces nouveaux résultats constituent une contribution importante aux efforts du ministère visant à mettre au jour l’histoire des sites archéologiques du Nord-Sinaï et de la région d’Al-Qantara. Il a relevé que les découvertes réalisées sur le site mettent en évidence le rôle stratégique et civilisationnel joué par cette région dans la protection des frontières orientales de l’Égypte à travers les siècles.
Le ministre a ajouté que la poursuite des fouilles égyptiennes sur les sites liés à la Route d’Horus contribue à reconstituer progressivement l’histoire de cette voie et de ses différentes étapes. Elle confirme également l’importance de l’investissement scientifique dans les opérations de fouilles et de documentation archéologiques, afin de révéler de nouveaux aspects de l’histoire de l’Égypte antique.
De son côté, le secrétaire général du Conseil suprême des antiquités, Dr Hicham El-Leithy, a expliqué que la campagne actuelle s’inscrit dans la continuité des fouilles menées sur le site au cours des dernières décennies. Celles-ci ont permis de réinterpréter avec davantage de précision certains éléments architecturaux découverts auparavant, contribuant ainsi à une meilleure compréhension du plan initial du site et de son évolution historique.
Il a précisé que la mission avait achevé la mise au jour d’une imposante enceinte en briques crues, avec ses portes, ses salles intérieures et ses différentes strates. L’étude a établi qu’il s’agissait de l’enceinte extérieure du complexe sacré entourant le temple, et non du temple lui-même. Cette conclusion permet de corriger l’interprétation précédemment donnée à certains secteurs du site.
Le secrétaire général a également affirmé que les nouveaux éléments archéologiques avancent une hypothèse historique et archéologique solide quant au lien entre le site et l’ancienne ville égyptienne de Mesen. Les travaux de fouilles et les études scientifiques se poursuivent toutefois afin de réunir davantage de preuves susceptibles de confirmer définitivement cette identification.
Pour sa part, le directeur du secteur des Antiquités égyptiennes au Conseil suprême des antiquités, Mohamed Abdel-Badie, a indiqué que la mission avait également identifié les vestiges de deux voies pavées successives reliant l’extérieur de la zone fortifiée à l’intérieur du temple. La première remonte à l’époque ptolémaïque, tandis qu’une seconde voie, de moindre largeur, lui a été superposée à l’époque romaine.
Les fouilles ont également permis de mettre au jour les vestiges du temple, notamment plusieurs salles de stockage disposées au nord et des salles de service plus vastes au sud, jusqu’au secteur du sanctuaire, qui a été détruit à la suite d’activités d’extraction de pierre à la fin de l’époque romaine.
Le directeur de l’administration centrale des Antiquités de Basse-Égypte et du Sinaï et chef de la mission archéologique, Dr Hicham Hussein, a indiqué que l’une des découvertes les plus importantes était celle d’un demi-linteau supérieur monumental en grès, brisé en deux parties et décoré sur trois faces. Il porte les titres du roi Ramsès II ainsi qu’une inscription faisant référence à des travaux de restauration effectués sur une statue de la divinité Horus, maître de la ville de Mesen. Cette découverte constitue un indice particulièrement important pour déterminer l’identité du site.
Le directeur général des Antiquités du Sinaï et directeur de la mission, Mahmoud Galal, a pour sa part indiqué que les fouilles avaient également révélé un ensemble d’objets archéologiques à forte portée administrative et militaire. Parmi eux figure un fragment de statue en schiste datant de la XXVIe dynastie, représentant un scribe de l’armée portant un sarcophage brisé, ce qui témoigne clairement de la nature stratégique et militaire du site.
La mission a également découvert une statue décapitée et amputée de ses pieds datant de l’époque tardive, ainsi qu’un torse de statue royale en basalte, en plus de fragments de statues de faucons réalisés en basalte et en calcaire.
Les résultats des fouilles montrent que le site a connu plusieurs phases de développement et de transformation. Le temple a atteint son apogée architecturale à l’époque ptolémaïque, avant que certaines parties du site ne soient réutilisées pour l’aménagement d’une forteresse militaire au IIIe siècle après J.-C.
À la fin de l’époque romaine, le site a été transformé en carrière destinée à la production de chaux. La mission y a découvert deux imposants fours circulaires, construits au-dessus des deux angles du secteur du sanctuaire et contenant des vestiges de blocs de calcaire ayant subi une combustion.
Le chef de la mission a confirmé que les résultats obtenus au cours de la campagne actuelle, conjugués aux découvertes réalisées lors des campagnes précédentes, renforcent l’hypothèse d’un lien entre Tell Abou Seïfi et l’ancienne ville égyptienne de Mesen, mentionnée dans les textes et les sources égyptiennes antiques à l’époque du Nouvel Empire.
La mission poursuivra ses travaux de fouilles et ses études archéologiques sur le site au cours des prochaines campagnes, afin de compléter la mise au jour de ses différents éléments architecturaux et de recueillir de nouvelles preuves susceptibles de contribuer à trancher définitivement cette question.
Les résultats actuels confirment que Tell Abou Seïfi constitue l’un des sites majeurs de la Route militaire d’Horus. Ils témoignent de la succession de fonctions militaires, religieuses et économiques qui ont caractérisé le site au fil des siècles, reflétant ainsi son importance stratégique et son rôle dans la protection des frontières orientales de l’Égypte, ainsi que sa dimension religieuse aux époques pharaonique, ptolémaïque et romaine.





