Clin d’œil
Par : Samir Abdel Ghany

Je me considère chanceux d’avoir une amie artiste, créative, qui vit en Haute-Egypte. Elle m’envoie, de temps à autre, ses magnifiques dessins, et nous échangeons ensemble sur l’art et la vie. Un jour, je lui ai demandé quelle était sa relation avec l’art, pourquoi elle dessinait et quel impact son environnement avait sur ses œuvres. Elle m’a répondu avec des mots simples et sincères, révélant une âme transparente qui voit le monde avec les yeux du cœur avant ceux du regard.
Elle m’a dit que le dessin, pour elle, n’est pas seulement un pinceau ou un crayon, mais une vie entière qu’elle ressent profondément. Elle perçoit les couleurs comme venant du ciel, belles et pures, comme sorties d’un arc-en-ciel. Et lorsqu’elle ne dessine pas, elle a l’impression qu’une partie d’elle-même meurt, car le dessin est ce qui lui a donné vie, ce qui lui a permis de ressentir la beauté et de comprendre ce que signifie être vraiment vivante.
Zeinab considère son talent comme une bénédiction de Dieu. Et lorsqu’on reçoit une telle grâce, il faut la préserver et en prendre soin. Mais en même temps, elle souhaite que les gens voient ses œuvres et qu’elles atteignent ceux qui savent les apprécier. Elle est une fille de la Haute-Egypte qui dessine avec sensibilité et amour. Elle ne représente pas seulement ce que voient ses yeux, mais aussi ce que ressent son âme. Parfois, l’œil peut percevoir quelque chose de laid, mais l’artiste, elle, sait y voir une beauté intérieure. Ainsi, le dessin devient chez elle un acte d’amour pur, dépourvu d’égoïsme, rempli de beauté et d’émotion.

Zeinab Hussein est une artiste d’une spontanéité remarquable, et ses œuvres trouvent leur chemin vers le cœur sans demander la permission. J’éprouve un grand plaisir à contempler ses créations, car elles me semblent être l’expression sincère de son être profond, d’un monde intérieur riche en émotions, en rêves et en questionnements. Elle dessine avec simplicité et naturel, utilisant une palette de couleurs franches et claires, qui reflète parfaitement sa personnalité directe et authentique.
La femme apparaît comme le centre de l’univers artistique de Zeinab Hussein : elle est la fille, la sœur, l’amante, l’épouse et l’amie. Elle est aussi cet être qui lutte contre le temps, qui craint l’inconnu et qui cherche à apaiser son cœur face à la dureté de la vie.
Dans certaines de ses œuvres, la femme apparaît en train de lire dans une tasse de café, comme si elle cherchait à déchiffrer les mystères de l’avenir — à la recherche d’un éclat de joie, d’une réponse à une question restée en suspens, ou même d’un petit espoir caché au fond de la tasse.
Je connais Zeinab depuis des années, et j’ai eu la chance que ses œuvres soient exposées à la galerie de l’Université américaine, au Greek Campus. Depuis lors, je vois en elle une véritable artiste, qui peint son monde et elle-même avec une sincérité rare, nous offrant à travers son art des moments de contemplation, de beauté et d’humanité.
Zeinab rêve aujourd’hui d’exposer dans les galeries du Caire et attend l’attention du ministère de la Culture ou des acteurs du mouvement des arts plastiques. Elle espère que le destin lui donnera l’opportunité de faire ses preuves. Elle est convaincue que le monde, qui semble aujourd’hui lui tourner le dos, reconnaîtra un jour tout ce qu’elle a à offrir, aujourd’hui comme demain. Cette jeune femme venue de la Haute-Egypte possède une détermination et un talent qui laissent présager un avenir prometteur. Elle ne s’intéresse ni à l’ordinaire ni au répétitif, mais pratique un art profondément singulier et d’une grande beauté.





